Les experts sont unanimes : Pas de retrait d’Irak avant le départ de Bush





Le Quotidien-Agences


Le président américain George W. Bush ne se risquera sans doute pas à abaisser de nouveau le nombre de troupes d'Irak d'ici la fin de son mandat début 2009, malgré l'impopularité de la guerre, selon plusieurs experts.


Le plus haut gradé américain en Irak, le général David Petraeus, présentera ses recommandations en mars ou avril quant à une éventuelle poursuite du retrait de troupes au deuxième semestre, alors que Washington a déjà décidé d'abaisser le nombre de ses soldats à quelque 130.000 cet été, contre environ 160.000 actuellement, grâce à l'amélioration de la sécurité sur le terrain.


Selon Peter Rodman, analyste à la Brookings Institution, "Petraeus subit la pression de l'Armée, du Commandement central et de l'état-major pour continuer à diminuer le nombre de troupes" américaines en Irak, notamment pour relâcher la pression sur les forces armées, lourdement mobilisées en Irak depuis près de cinq ans.


Mais "la priorité du président est de savoir ce que nous devons faire pour gagner en Irak", l'entreprise sur laquelle il devrait être jugé par l'Histoire, a-t-il fait valoir avant-hier soir lors d'une conférence sur les perspectives en Irak pour 2008.


"Je ne pense pas que nous aurons bientôt la perspective de descendre à un niveau de troupes inférieur à ce qu'il était avant l'envoi de renforts", a renchéri Philip Gordon, un autre expert de la Brookings, en évoquant la fragilité persistante de certains progrès décrochés depuis quelques mois en Irak, comme le cessez-le-feu shiîte au sud ou le ralliement d'anciens insurgés sunnites, qui contribuent à maintenir l'ordre au niveau local.


"Le président a tellement investi pour récolter une certaine forme de succès en Irak que si le général Petraeus sous-entend qu'il existe un risque dans le fait d'abaisser le nombre de troupes à moins de 130.000, je ne peux pas m'imaginer qu'il le fasse quand même", a-t-il insisté.


Même si l'Armée insiste pour réduire la pression sur les troupes, alors que le Pentagone vient de décider d'envoyer des renforts en Afghanistan, "Bush ne va pas risquer de mettre en péril son héritage pour ces raisons", a-t-il fait valoir.


D'après l'expert en défense Michael O'Hanlon, "la baisse du nombre de brigades à 15 est déjà une réduction importante", et "il paraît sensé d'aller doucement à partir de là".

Mais "la question de l'Irak va passer entre les mains du prochain président. C'est lui ou elle qui devra prendre la décision difficile de quitter éventuellement l'Irak, et non celui qui a décidé de partir en guerre", a conclu Gordon.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com