Semaine de musique instrumentale : Pour un nouveau sang





Quelques jours avant l’inauguration de la troisième édition de la Semaine de musique instrumentale (SMI), Lotfi M’raïhi a rencontré le corps de la presse dans un hôtel de la place et passé en revue le programme d’une édition dédiée à la nouveauté.


Il a surtout expliqué pour la énième fois la ligne conductrice de l’Association des supporters de la création musicale (ASCM), organisatrice de l’événement.


 


Et il y tient. Tout comme l’équipe qui l’accompagne depuis quelques années au sein de l’ASCM, créée dans le but de sauver la musique de chez nous, d’encourager et de propulser les nouveaux talents. Quand on est sûr qu’on est sur le droit chemin et qu’on est convaincu de ce que l’on offre, on ne peut que s’accrocher, tenir fortement au petit fil de la bobine et ne jamais lâcher. Car les embûches ou autres circonstances de parcours finiront à la longue par s’effriter en cours de route au bénéfice de la raison. Car, aujourd’hui, il n’y a que la raison pour insuffler un nouveau sang et tout le reste est faiblesse. Ce n’est donc qu’une question de temps. Ceci est donc la devise d’or qu’a adoptée depuis un moment une kyrielle d’amoureux de musique réunis autour de quelques bonnes idées. «Dans ce paysage stagnant, les années à venir nous donneront gain de cause», nous a dit un certain jour le médecin et président de l’ASCM, Lotfi M’raïhi.


 L’ASCM, on le sait a déjà, crée une foule de festivals dans la cité. Celui de la spiritualité, l’autre de l’a capella et la Semaine de la Musique instrumentale. Cette dernière, à sa troisième édition (déjà!), aura lieu du 2 au 10 février 2008 au Théâtre municipal de Tunis et à l’espace de poche Noureddine Kasbaoui de la rue de Grèce. Les billets sont fixés à 10 dinars le concert et les abonnements à 60 dinars. Pour les étudiants, il faut compter 50% de réduction dans les deux cas. 


En ayant confiance aux nobles objectifs de l’ASCM, les professionnels de la musique sont en train de se manifester de plus en plus autour de la fratrie. Déjà, un petit acquis et l’union ne peut faire que la force de tout un chacun. Ce mini festival commence donc à grandir dans le bon giron et la greffe de bien prendre. On passe à huit soirées bien étoffées sans compter les master-classes et les préludes des concerts qui passeront avant 20 heures. Autre élément de gagné c’est le budget qui a atteint dans les 27-28 mille dinars et sans l’aide du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine. Sur ce, M’raïhi s’explique: «Ce n’est pas la même voie du ministère. C’est en parallèle. Aujourd’hui, nous avons besoin de créativité. C’est un autre discours. C’est une construction pour donner un coup de pouce à la créativité en manque flagrant. Nous avons fait appel à notamment Naoufel Ben Aïssa, Hafedh Makni, Lotfi Soua, Nabil Khmir, Walid Gharbi, Soufiène Safta, Ouannès Khligène, Kobaa et autres musiciens de renom dans la clarinette, le violon, la percussion,…, qu’on a glanés aussi de par la Turquie, l’Azerbaidjan, la Russie…», a précisé le conférencier mettant dans son cadre cette rencontre avec la presse et les musiciens. Et d’ajouter: «A l’occasion de l’anniversaire de l’ASCM, célébré habituellement en décembre, nous avons préféré honorer les créateurs de l’année précédente en même temps que ce festival. Le comité sera présidé par le critique Hédi Senoussi qui, avec son équipe, choisira ceux qui ont émergé dans toutes les disciplines».


Nous n’oublierons pas aussi les pionniers de chez-nous. Comme à la première édition, on a rendu hommage à Bechir Selmi, la seconde était pour Hamadi Ghnia, cette troisième lancera une pensée au violoniste Habib Turki. Le programme sera à la portée de tout le monde dès aujourd’hui. Les affiches et les spots à la radio et à la télévision démarreront en même temps.


 Autour donc de l’ASCM, on voit de plus en plus de gens avertis. Des gens qui portent les mêmes idées rien que pour faire face au paysage musical navrant. Ceci, on le sait. Depuis un certain moment, on n’a pas cessé de crier sur tous les toits que notre musique avance à reculons. Ceci a conduit les responsables à prendre la chose au sérieux. Plusieurs consultations nationales et autres rencontres ont eu lieu au fil de ces dernières années. Le diagnostic n’est pas bon. Revoir en profondeur ce qui nuit à notre musique s’impose. Au fil des années, on a organisé plusieurs consultations. Résultat: rien ne bouge du côté officiel. Les pros sont tout de même en train de bouger et l’essentiel réside dans le changement, peu importe d’où vient-il.


 

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com