Complexe culturel de Gabès : Jeux d’ombres, jeux de lumières





Le parcours de Taïeb Louhichi et sa filmographie sont au cœur de la rentrée culturelle du Complexe culturel de Gabès. Débats et projections sont au menu de cette manifestation dont la clôture est prévue aujourd’hui.


 


«J’ai vu «L’ombre de la terre» de Taïeb Louhichi. Tel un poème j’ai reçu. J’ai été ému ; avec des mots, je voudrais dire et faire partager cette émotion : Retenu par les pierres, le voile enveloppant les quelques bribes de vie s'est tendu, laissant le manque et l'attente s'infiltrer dans ses fibres, faisant de chaque déchirure un départ», a écrit l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun, émerveillé par l’originalité de la vision artistique de «L’ombre de la terre», film réalisé par Taïeb Louhichi en 1982. Un grand film qui a marqué la cérémonie d’ouverture de cette manifestation.


D’ailleurs, pour créer l’événement, l’équipe organisatrice de cette manifestation a choisi d’inviter quelques têtes d’affiche du cinéma et du théâtre tunisiens, à savoir Mouna Noureddine, Fatma Ben Saidane, Mohamed Ali Ben Jemaâ pour prendre part aux séances de projections et aux cercles de débats qui rendent hommage à l’un de nos réalisateurs les plus confirmés, Taïeb Louhichi, dont les œuvres ont été projetées sur plusieurs écrans internationaux…


Titulaire d’un doctorat en lettres et en sociologie sans compter ses études cinématographiques, Taïeb Louhichi s’est distingué, dès ses débuts, par ses courts-métrages bien soignés et d’une grande originalité artistique. «Mon village, un village parmi tant d’autres», lauréat du Tanit d’or aux Journées Cinématographiques de Carthage 1972, «le Métayer», «Carthage an 12 »… ont confirmé le talent de Louhichi. Un grand début qui l’a encouragé à continuer sur la voie du 7e Art et de donner le jour, en 1982, à son premier long-métrage de fiction «L’ombre de la terre» sélectionné et primé à la semaine de la Critique à Cannes et dans plusieurs festivals mondiaux. Suivent en 1987 «Gorée, l’île du grand-père», Prix spécial du Jury à Alger, puis «Laylâ, ma raison» (Mejnoun Laylâ), en 1989, sélectionné en compétition officielle à la Mostra de Venise et primé à Milan et à Ouagadougou. «Noces de lune» est venu consolider la démarche de Louhichi et étoffer de plus en plus la carrière de ce réalisateur. Primé à Bari, Montréal, Johannesburg, «Noces de lune» a relancé le débat sur la jeunesse tunisienne et a mis en lumière les mutations que connaît la société tunisienne… Toute cette riche production cinématographique qui retrace les différentes étapes de Louhichi sur la voie du 7e art, aussi bien que son dernier film « La danse du vent », réalisé en 2003, sont à l’affiche du Complexe Culturel de Gabès qui a accueilli à cette même occasion une table ronde autour de du cinéaste et son univers artistique. Notons que la clôture de cette fenêtre ouverte sur le parcours de Louhichi sera avec son dernier film «La danse du vent» qui expose l’histoire de Youssef, réalisateur, la cinquantaine, qui a choisi de partir vers le sud tunisien pour faire les repérages de son nouveau film. Sillonnant la région, enregistrant des observations et des images, il rencontre une belle bergère lors de son passage dans un village mystérieux, avant de se perdre dans la nuit. Perdu en plein désert, seul, il continue à rêver de son film, des décors, des scènes, des personnages…Youssef se perd peu à peu dans l’hallucination, lorsqu’il réalise qu’il est en train de jouer le rôle principal de son film…L’histoire détaillée sera au menu de la séance de clôture de cette manifestation qui rend hommage au talentueux Louhichi, prévue aujourd’hui, à 18h00, au Complexe Culturel de Gabès.


 


Imen Abderrahmani




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com