Sensibilisation environnementale en Tunisie : La nécessité de revoir les messages diffusés…

Les stratégies de communication environnementale en Tunisie, malgré leur multiplicité, échouent toujours à ancrer chez les individus un comportement plus respectueux envers leur environnement. Visant à identifier le maillon faible, les structures intervenantes dans le domaine vont pouvoir profiter de l’expertise allemande.

 

Tunis-Le Quotidien

Pour la Tunisie, la protection de l’environnement a toujours été placée parmi les priorités stratégiques que tous les secteurs sont appelés à respecter dans leur développement. Et c’est là qu’intervient la communication. C’est à travers les campagnes de sensibilisation que les instances intervenantes dans le domaine, à leur tête le ministère de l’Environnement et du Développement durable, œuvrent pour sensibiliser et mobiliser la population pour la protection de l’environnement.

C’est en 1992, avec la création d’un ministère chargé de l’Environnement, que la communication environnementale a connu ses débuts en Tunisie. Depuis lors, des investissements très lourds ont été consacrés à l’élaboration des campagnes de sensibilisation destinées à développer une conscience citoyenne plus sensible à l’égard de l’environnement. Mais les Tunisiens ont-ils répondu à l’appel ? Les spécialistes estiment que la communication environnementale n’a pas débouché sur les résultats escomptés. Les campagnes de sensibilisation n’ont pas réussi à changer le comportement des individus vis-à-vis de l’environnement. Et c’est autour de ce point que les structures concernées se sont réunies dans le cadre d’un atelier de travail qui vient d’avoir lieu à Tunis.

Assistés par des spécialistes de l’Agence Allemande de Coopération Technique (GTZ), les structures de sensibilisation environnementale ont été appelées, au cours de cet atelier, à faire le diagnostic de leur communication. Il était question de passer en revue les messages destinés à sensibiliser le public pour identifier les lacunes. L’agence allemande contribuera, à cet effet, au renforcement des capacités des structures nationales impliquées dans le domaine pour diffuser un message plus convaincant, et par conséquent, plus influent. Interrogé à ce propos, M. Michael Gajo, expert en communication à la GTZ en Tunisie, a estimé que notre pays dispose d’un cadre législatif très développé en matière de protection de l’environnement. Sur le plan de la communication, beaucoup d’efforts sont déployés. «Cependant, considère-t-il, on a l’impression que malgré tout ce qui est fait, on ne réussit pas avoir l’adhésion des citoyens». Les raisons? «Pour avoir un impact, le message doit être simple, compréhensible et interpeller directement la cible. Mais ce que nous avons remarqué dans certaines campagnes, c’est qu’elles mettent en exergue le côté institutionnel», indique-t-il.

Par ailleurs, l’expert insiste sur le fait que pour changer le comportement des individus, cela ne se fait pas du jour au lendemain. Il précise que «l’expérience a prouvé qu’il faut au moins une génération pour voir une société adopter de nouvelles habitudes à l’égard de son environnement immédiat». En plus de la communication, il est aussi important, d’après l’expert, que les structures de contrôle fassent respecter les règles. Pour réussir à développer une conscience collective quant au respect de l’environnement, M. Gajo pense que la carotte et le bâton sont la technique la plus efficace.

 

H.G.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com