Assassinat de Wissam Eid : Le Liban s’engage à combattre «l’empire du terrorisme»
Le chef de la sécurité libanaise s’est engagé hier à combattre “l’empire du terrorisme”, au moment où le Liban enterrait un haut officier des renseignements tué la veille avec quatre autres personnes dans un attentat à la voiture piégée près de Beyrouth.
Le Quotidien-Agences
L’assassinat du capitaine Wissam Eid, des Forces de sécurité intérieure (FSI), condamné au Liban et dans le monde, est perçu comme une nouvelle tentative de déstabilisation de ce pays déjà plongé dans une grave crise politique.
“Nous sommes déterminés à faire face à l’empire de la mort et du terrorisme”, a déclaré le général Achraf Rifi, chef des FSI lors d’une cérémonie en hommage à l’officier et à son garde du corps tué avec lui.
“Les mains criminelles peuvent frapper les héros par derrière mais ne peuvent pas agir de face”, a-t-il ajouté. “Vous êtes des héros face aux ennemis du Liban, cible de terroristes professionnels. Ils croient que, par ce crime, ils peuvent entamer notre détermination mais ils se font des illusions”.
Les cercueils de Wissam Eid et de son garde de corps ont été transportés tôt hier matin au siège des FSI, à Achrafieh, quartier chrétien de Beyrouth, où les hommages leur ont été rendus avant les obsèques à Tripoli, au Liban nord où des drapeaux noirs ont été hissés.
Le capitaine Eid, 31 ans, promu commandant à titre posthume, était impliqué dans des enquêtes sur des attentats qui ont secoué le Liban depuis 2004.
Selon un ancien membre de la commission d’enquête sur l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, en 2005. Eid avait fourni des informations» à la commission.
Les cercueils, recouverts du drapeau libanais, ont été portés par les collègues des victimes alors que la sonnerie aux morts et l’hymne national libanais étaient joués.
A l’issue de la cérémonie, les cercueils ont été placés dans des ambulances qui se sont dirigées vers Tripoli. Les deux victimes y ont été inhumées en présence de milliers de personnes, criant vengeance et conspuant le président syrien Bachar al-Assad et le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, fer de lance de l’opposition libanaise.
Une journée de deuil national a été décrétée au Liban, où les écoles et les universités sont restées fermées tandis que les drapeaux ont été mis en berne.
L’assassinat survient alors que le Liban est plongé dans une grave crise politique sur le partage du pouvoir entre la majorité antisyrienne, soutenue par l’Occident, et l’opposition.
Les institutions sont paralysées depuis plus d’un an après la démission de tous les ministres de l’opposition qui réclame plus de pouvoir. Le pays est sans président depuis le 24 novembre.
“Il s’agit d’un message sanglant à ceux qui persistent à vouloir connaître la vérité dans l’affaire Rafic Hariri”, écrit le quotidien francophone libanais L’Orient Le Jour.
Le quotidien à grand tirage An-Nahar a quant à lui vu dans l’assassinat “une réponse à l’enquête sur l’assassinat de Hariri”.
____________________________
Condoleezza Rice dénonce les ingérences étrangères
La secrétaire d’Etat américaine Condollezza Rice, interrogée sur l’attentat qui a tué Wissam Eid à Medellin (Colombie) a affirmé que le Liban “a trop longtemps souffert des ingérences étrangères”, faisant allusion au rôle joué par la Syrie.
“Il est trop tôt” pour dire qui est responsable de cet attentat, a-t-elle dit, “mais nous avons déjà vu ce genre de chose dans le passé”.
Rice a dénoncé le “modèle violent” et “l’intimidation” de ceux qui ont organisé l’attentat.

