«Nesmet Sbah» : Une boussole et une bourse à la tunisienne !





«Nesmet Sbah» (traduire: Brise matinale), est une émission un peu trop inspirée de Télématin de France 2. Toutes deux se ressemblent comme deux gouttes de lait. Sauf que l’une est en arabe tunisien et l’autre dans la langue de Molière, sauf que la qualité du contenu diffère tant d’une émission à l’autre. Notre boussole, et il faut le dire, est en manque flagrant…d’aiguillage.


 


Celle de notre chaîne publique essaie tant bien que mal de faire comme son aînée, et de suivre à la lettre l’approche de la maison mère. C'est-à-dire d’être agréable, fraîche et pétillante aux premiers matinaux de la journée, qui peuvent être bien ou mal réveillés, qui ont quitté difficilement la couette et l’oreiller ou qui se sont levés du bon ou mauvais pied. De ses premiers objectifs, le producteur de l’émission doit veiller sur ce qu’il offre pour tout ce beau monde qui va entamer une nouvelle journée. C’est avant tout, un éventail d’infos du jour sur une note gaie.


Son fort, c’est aussi de rendre service aux hommes de culture, aux associations, et plein d’autres secteurs de l’économie, du commerce, de la santé, de la formation, de l’enseignement, etc. D’un autre côté, ce n’est pas évident de faire le tour d’horizon et de glaner le maximum (et meilleurs ingrédients) pour remplir le panier du jour. Pour faire tout ceci et au quotidien, ça doit être un vrai travail de titans, qui exige le respect des règles les plus strictes de l’art et du savoir-faire. Car après tout, on est bien à la télé, sur la chaîne nationale la plus prisée. Où même le plus minuscule des détails dans la couleur du décor est pris au sérieux. Ici, on sait ou on ne sait pas faire les choses. On est dans la matière, soit expert, soit on décroche ! Ceci l’a très bien compris Télématin des Français et Françaises, qui ne cesse de gagner au fil des temps de l’audience de partout dans le monde.


Sur le plateau de notre «Nesmet Sbah», c’est toujours fait à la tunisienne. Les deux ou trois heures sont bien remplies. Il y a de la matière, mais la mission n’est jamais ni bien remplie ni concluante comme on le voulait. Et comme on continue à s’y attendre. Il y a toujours quelque chose qui cloche et qui écorche l’image de l’émission. Sur un tel ou tel sujet, on invite des experts et des connaisseurs, dans le but d’éclairer les téléspectateurs et de répondre aux interrogations qu’ils pourraient poser. Et c’est là où le bât blesse. L’animateur (ou l’animatrice en question) doit maîtriser les sujets et les questions. Sinon de se retirer et céder sa place au plus compétent. La dernière, c’était hier.


Madame ou Mademoiselle, peu importe, était charmante. Elle est fort présentable et c’est très bien pour le moral de ses téléspectateurs et c’est même important d’ouvrir les yeux sur un joli profil. Le programme était riche et panaché. Là où c’est vraiment raté et qui a mis les capacités de X en question, c’est quand elle a interrogé le monsieur de la bourse. Des interrogations superficielles qui disent long sur la non-maîtrise d’un sujet ardu et corsé. Qui n’est pas le sien. D’ailleurs, bien avant, elle a passé en revue le marché de la bourse en un clin d’œil. Nous n’avons rien retenu de cette boussole de nos banques ou encore mieux de nos entreprises cotées et qui font le plus ou le moins dans la balance économique.


On aurait mieux compté, spécialement sur cette question, sur des pros. Pour en recevoir en conséquence quelque chose de plus fiable. Dommage !


Mais c’est toujours mieux que rien. Car notre T7, seule dans la scène à tâter le marché de la bourse, est comme un borgne au pays des aveugles. N’empêche que chez nous on ne manque pas de capacités et on peut faire beaucoup mieux. Pour les prochains rendez-vous, Inchallah !


 


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com