Semaine de la musique instrumentale : C’est bien parti…





La soirée inaugurale de ce mini festival de l’instrument a drainé samedi dernier un public élitiste qui affectionne la musique classique sous toutes ses notes européennes et c’est l’Ensemble orchestral de Tunis qui a eu le beau rôle et l’honneur d’ouvrir, sous la houlette des maestros de chez nous, le bal enthousiaste sur des tons divers.


 


Pour l’occasion, on a bien sûr dépoussiéré les chaises et rideaux et lustré le parquet du théâtre de poche Noureddine Kasbaoui de la rue de Grèce, rarement ouvert aux amoureux de l’art, de la culture et de la création. Enfin!


Cette première soirée a été, on le sait, confiée à quinze jeunes instrumentistes professionnels. La première partie gratifiée par Rachid Koubâa a été un moment de bonheur pour ceux qui se connaissent dans le grand art de la musique baroque ou contemporaine. L’orchestre a démontré un tel talent de fraîcheur qui ne se démentit pas. En osant tutoyer et jouer des chefs-d’œuvre de la musique universelle, en revisitant la sève d’un patrimoine qui ne connaît (et ne reconnaît) pas les rides ou les ridules, qu’on ne cesse de reprendre à toutes les occasions et de le mettre au goût du jour avec des sensibilités multiples.


L’Ensemble n’a pas oublié dans la deuxième partie les créateurs tunisiens qui se démarquent dans le paysage. Rendre un hommage à Ouannès Khligène est la moindre des choses pour cet artiste éclairé, et qui n’a pas encore trouvé sa place au soleil. Cette pensée n’est qu’une dette envers un artiste de sensibilité à fleur de peau et ne peut que grandement le toucher. C’est l’occasion où jamais pour qu’il puisse continuer avec le même élan. Les présents, de fins connaisseurs, ont applaudi les extraits de son répertoire interprétés sans aucun doute par des virtuoses.


 Le deuxième rendez-vous de cette Semaine dédiée à l’instrument musical a eu lieu le lendemain.  On a changé de facette, de registre et des couleurs mais pas encore d’espace. Le dimanche a porté l’empreinte des grands de l’Irak. Avec notamment la participation d’Ali Imam (disciple de Salman Chaker) et Zaki Derouiche, enfant prodige de la Mésopotamie qui a choisi depuis quelque temps l’exil dans nos murs et qui s’y plaît dans l’enseignement universitaire de chez nous. Un florilège de maqam qui ne peut que séduire le public avisé.


Après avoir sauté le lundi, on y revient sur d’autres airs. Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan a l’honneur et nous retient l’attention avec d’autres instruments traditionnels. Ce pays sera présent ce soir avec le plus coté des clarinettistes du monde. Hajibaba Maharramov offrira aux Tunisiens un peu de son pays. Une gerbe de petites et grandes musiques qui fleurera bon le rythme populaire, authentique et généreusement bariolé. Un récital qui vaut le déplacement et à ne pas rater.


 


Z. ABId




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com