Les jeunes et le bonheur : Avoir les pieds bien sur terre…





Certains jeunes pensent que les moments de bonheur sont fugaces…D’autres ne peuvent pas se sentir heureux avant d’avoir réalisé au moins une bonne partie des objectifs qu’ils se sont fixés. Mais pour les uns comme pour les autres, le bonheur absolu est difficile à atteindre… Comment les jeunes appréhendent-ils justement la notion du bonheur ?


 


Tunis-Le Quotidien


Partant du fait que la perfection n’existe pas, les jeunes sont conscients que s’ils se mettent à chercher le bonheur absolu, ils se fourvoient dans les méandres de l’imaginaire. Raison pour laquelle la majorité des jeunes traduisent le bonheur à leur façon… A priori, les jeunes encore sans grandes responsabilités ont une grande envie de croquer la vie à pleines dents. Quelques événements heureux, comme la réussite aux études, sont capables de les mettre aux anges. Certains moments favorables ou événements heureux suffiraient, semble-t-il, pour faire le bonheur des jeunes. Nombre d’entre eux pensent toutefois que le bonheur ne peut être savouré que si l’on a un sens aigu de la frugalité. Ils croient que s’ils ne font pas tout ce qu’ils veulent, ils doivent au moins se contenter de ce qu’ils ont. D’autres, en revanche, sont bien convaincus que le bonheur absolu est impossible à atteindre. Raison pour laquelle ils doivent savourer intensément chaque moment positif car seuls ces instants leur permettent de voir la vie du bon côté. Mais chez une autre catégorie de jeunes, le bonheur est perçu comme une notion chimérique qui leur permet juste de s’accrocher et d’avoir de l’espoir. Or le fait d’être dans un état de plénitude et de félicité, de savourer le bonheur et d’avoir des moments de plaisir immense, est un rêve pour le commun des mortels. Et cela est, le moins qu’on puisse dire, légitime !


 


Marouane, 21 ans, candidat au bac, pense que s’il arrive à réaliser la plupart de ses rêves, il peut crier victoire et se sentir vraiment heureux. «Il ne serait déplaisant pour personne d’être extrêmement riche et de pouvoir réaliser ses rêves les plus fous. Mais pour rester réaliste, je dois garder les pieds sur terre ! Il est de plus en plus difficile de rêver du bonheur absolu pour la pure et simple raison que je ne crois pas au bonheur complet. En revanche, si j’arrive à réussir brillamment mes études, à avoir un avenir professionnel sûr et si je parvenais à vivre le reste de ma vie à l’abri du besoin, je peux dire que je suis quelqu’un d’heureux. Je dois également trouver une bonne épouse, une femme qui saura m’aimer, m’être fidèle et auprès de laquelle je peux oublier tous les soucis de la vie. Je ne peux pas me sentir heureux non plus si je ne donnais pas satisfaction à mes parents et si je ne me sentais pas aimé et respecté par mon entourage le plus proche. Ce sont de petites choses qui peuvent rendre une personne heureuse. Donc, pour récapituler, je dirai que le fait d’avoir une petite maison coquette, une voiture, une bonne épouse, un bon travail et l’amour des miens ferait de moi un être vraiment comblé. A vrai dire, la vie devient tellement difficile par ces temps où la matière règne, qu’on ne peut plus se permettre de rêver du bonheur et de tisser des rêves à partir d’objectifs très difficiles à concrétiser. Si je parviens à réaliser ces simples objectifs, je serai heureux, vraiment heureux», dit-il.


 


Tarek, candidat au bac de 22 ans, pense aussi qu’il suffit de réaliser ses objectifs pour atteindre le bonheur. «Je crois que les jeunes n’ont plus de rêves qui leur sont propres. Peu importe l’âge, je pense que la notion de bonheur s’est standardisée de nos jours. Tout le monde est en course après la matière. Cela ne veut pas dire que les gens sont devenus matérialistes, mais les besoins de l’homme, actuellement, sont devenus multiples et variés. Et si l’on rêve de quelque chose, c’est de parvenir à réaliser nos objectifs, de pouvoir avoir tout ce dont on a besoin et de vivre en paix, c’est tout. Moi, je voudrais réussir mes études, avoir un poste stable et d’avenir qui me permettra d’avoir de quoi couvrir tous mes frais et ceux des membres de ma famille, de trouver la bonne partenaire qui partagera ma vie dans le meilleur comme dans le pire, d’avoir une maison bien équipée et bien meublée, une voiture, d’être en bonne santé, de voir l’entente régner dans ma famille et d’être aimé et respecté par mes proches. Pour me sentir heureux, il va falloir que je réalise le maximum de mes rêves et pour y arriver je dois vraiment batailler. Le bonheur, je ne pourrais le ressentir que si j’arrive un jour à récolter les fruits de mon labeur parce que ce n’est pas du tout donné», dit-il.


 


Mohamed Amine, 19 ans, pense que le bonheur existe, il faut juste savoir le trouver et s’en contenter. «Je peux avoir des rêves vraiment fous, mais je sais également que cela ne restera qu’un rêve. Je suis réaliste et je garde les pieds sur terre. Je pense que la première chose pour se sentir heureux, c’est d’être à l’abri des aléas. Là, on peut dire Dieu merci, je suis en bonne santé, j’ai encore des yeux pour voir, des jambes pour marcher, etc.  Toutefois, il suffit que je réussisse dans mes études, que j’aie assez d’argent pour vivre à l’abri du besoin et que j’aie une vie affective sereine pour me sentir heureux. Mes rêves sont simples, mais pour les réaliser, je dois batailler et avoir beaucoup de chance», dit-il.


 


Arbi, 20 ans, trouve que le bonheur absolu est difficile, voire impossible à atteindre. Le jeune homme se sentirait toutefois heureux s’il arrivait à réaliser ses objectifs. «Si j’arrive à réussir mes études, à trouver un bon job et à une bonne épouse, c’est déjà bien. Il faut aussi que mes parents soient fiers de moi, que je j’aie la conscience tranquille, que je sois en bonne santé avec la bénédiction du Bon Dieu. Si la providence veille sur nous, on saura trouver le bonheur même dans les plus menues choses, dans les plaisirs simples de la vie. Et, surtout, il ne faut pas avoir les yeux plus grands que le ventre», dit-il.


 


Nesrine, 19 ans, est persuadée que le bonheur absolu n’existe pas. La jeune fille préfère se fixer des objectifs qu’elle peut atteindre pour pouvoir se sentir heureuse. «A mon avis, le premier don que l’on doit à Dieu et qui doit nous rendre heureux, c’est d’être en bonne santé. Deuxièmement, je dois me sentir heureuse parce que mes parents sont fiers de moi et que je ne fais rien qui les mette en colère après moi. Je dois dire que si j’arrive à préserver cette bonne santé et si j’arrive à garder toujours la bénédiction de mes parents tout au long de ma vie, c’est déjà un grand acquis. Quant à mon avenir, je souhaite réussir mon bac, ensuite mes études supérieures, trouver toujours des personnes dévouées et sincères sur lesquelles je pourrais compter dans les moments les plus difficiles», dit-elle.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com