Tchad : Paris multiplie les marques de soutien à Deby





La France, qui multiplie les marques de soutien au président tchadien Idriss Deby Itno, a dépêché hier son ministre de la Défense Hervé Morin à N'Djamena et a lancé un nouvel avertissement aux rebelles, "pas dissuadés" pour autant de repasser à l'offensive.


 


Le Quotidien-Agences


Mardi, le président français Nicolas Sarkozy avait promis que Paris ferait "son devoir" au Tchad s'il le fallait. Ce "devoir" de la France, "ce serait de protéger, peut-être maintenant de façon plus décisive si le besoin s'en faisait sentir, le gouvernement légal", a précisé hier Bernard Kouchner.


C'est dans ce contexte que le ministre de la Défense est arrivé dans la matinée à N'Djamena pour porter "un message politique au président Deby" indiquant le "soutien et (la) volonté de la France que le Tchad conserve son intégrité".


Le ministre, qui a rencontré le président tchadien en milieu de journée, a confirmé "l'existence d'une colonne" de rebelles qui "se déplace lentement" vers la capitale.


"La France fera ce qu'elle a déjà fait dans les limites du droit international et des règles que le président de la République (française) a imposé aux forces pour cette opération", a-t-il ajouté.


La France est liée au Tchad par des accords de coopération militaire qui prévoient une aide logistique, médicale, de formation et dans le renseignement, mais pas d'intervention directe. Elle dispose sur place de moyens aériens et de forces dont le nombre a été porté à 1.450 hommes depuis le début de la crise.


Mais les rebelles refusent de baisser pavillon. L'alliance a mis "en garde" la France hier "contre toute intervention directe", en assurant que les menaces de Paris ne les "dissuadaient pas" de repasser à l'offensive.


 


Accalmie


Sur le plan militaire, l'horizon autour de N'Djamena semble s'éclaircir un peu plus chaque jour pour l'Armée nationale tchadienne (ANT).


L'alliance rebelle partie le 28 janvier du Soudan pour attaquer la capitale, après avoir affirmé ces derniers jours être aux portes de la ville, a dit hier s'être "un peu retirée" à "environ 70 km" de N'Djamena.


Plusieurs zones d'ombre persistent néanmoins, selon un observateur des opérations militaires. D'une part, les rebelles sont arrivés samedi avec environ 300 pick-up dont seule une petite partie a été détruite lors des combats: "où sont donc passés les autres ?", s'interroge cette source.


D'autre part, une colonne rebelle a été repérée à 200 km de la frontière soudanaise en direction de N'Djamena, selon une source militaire. Bien qu'il lui reste encore près de 600 km à parcourir, l'observateur estime qu'elle peut ravitailler les assaillants en carburant et munitions.


Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a fait état de 100 à 200 véhicules rebelles à l'est de N'Djamena. Or, l'adoption d'une déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies ouvre désormais la voie à une éventuelle intervention française pour protéger le gouvernement légal, a-t-il assuré.


Dans certains quartiers de N'Djamena, un peu d'animation commençait à regagner les rues hier, mais les commerces demeuraient hermétiquement fermés. Hors du centre, les traces des combats du week-end se manifestaient par des véhicules calcinés, détruits ou renversés au milieu des rues, entourés de cadavres brûlés ou en état de décomposition avancée.


La Croix-Rouge tchadienne a commencé la collecte des corps, mais n'a pu en ramasser que 27 pour le moment, selon une source militaire.


Les combats ont également fait au moins un millier de blessés, et poussé 20.000 à 30.000 personnes vers le Cameroun voisin. Le général Mahamat Ali Abdallah, commandant des opérations militaires côté gouvernemental, les a appelées à regagner N'Djamena, complètement contrôlée par l'armée.


 


__________________________


 


Le Tchad accuse la Libye de soutenir les rebelles


 


Le Quotidien-Agences


Le Premier ministre tchadien Delwa Kassiré Coumakoye a accusé hier la Libye d'avoir "soutenu" et "armé" les rebelles.


"C'est (le dirigeant libyen Mouammar) Kadhafi qui a contribué à armer ces gens", a-t-il déclaré à l'AFP. "Ils ont été armés par le Soudan et soutenus par la Libye".


Le chef du gouvernement tchadien, qui se trouvait au palais présidentiel de la capitale, était interrogé sur la présence à N'Djamena d'une délégation libyenne arrivée mardi soir. Mouammar Kadhafi et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso ont été désignés médiateurs de la crise tchadienne par l'Union africaine (UA).


"On n'a rien à traiter avec ces gens", a balayé Coumakoye.


"Ils veulent faire une médiation entre qui et qui? Il ne reste presque plus rien de la rébellion, nous les poursuivons avec notre aviation et par voie terrestre", a-t-il affirmé.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com