Semaine de la Musique instrumentale : Jubilatoire…





La quatrième soirée de ce troisième rendez-vous avec l’instrument a eu lieu en deux parties au Théâtre municipal de Tunis. La première porte sympathiquement la griffe de notre Soufiène Safta national. Quant à la seconde, elle n’a de France (c’est ainsi qu’on l’a annoncée) que le nom, Opus 4. C’était du grand art. Qui se moque royalement de toutes les limites et pour les présents qui ont jubilé à souhait la découverte.


 


Du talent de ce quatuor et de leur art. C’est-à-dire dans le plus absolu de ce  terme. D’un délire imaginaire dans toutes les expressions. Il y a eu un peu de tout. Opus 4, comme son nom l’indique, comprend quatre artistes (et pas un de plus ou de moins) bons à tout faire avec leurs quelques instruments bizarroïdes. On reconnaît certes le violon, le violoncelle et peut-être un peu la mandoline. Et pas plus. Il y a une sorte d’instrument qui n’est ni violon, ni trompette, ni saxo ou tout à la fois comme des siamois. Puis des guitares qui ressemblent à des…guitares. Et d’autres gadgets qui font d’agréables bruits et sons. Avec un fond de musique venue de l’Europe de l’Est. Un peu gitan, un peu manouche.


Parmi les quatre, un petit génie tsigane, qui chante, qui danse et qui joue. Et par-dessus tout, il a de l’humour. Fou, fou et fou à ne pas en croire ! Puis il y a l’autre. Bon en français. Lui, il a l’art de la communication à en revendre. Son public, saisi dès les instants premiers, était de plus en plus épris. En plus de son talent de musicien, l’homme est de forte corpulence et affectionne le chant de tous pays. Il explique tout comme Larousse ou Robert (pardon, c’est de la pub gratuite). De toutes les langues. Les deux autres du groupe sont aussi un nécessaire condiment pour cette salsa de tous les goûts...


Les mélomanes ont eu droit à une partie d’Aznavour et ses deux gitanes - pardon Tsiganes -, aux yeux noirs, des solos de jazz, de clarinette et quelques airs de Rachid Taha, sans qu’on oublie la fameuse berceuse. Bravo les artistes pour ce régal de concert et tant pis pour ceux qui ont raté la partie !


Une partie qui ne nous a pas fait, non plus, oublier Soufiène Safta et ses six potes qui ont commencé les premiers. Sa balade bédouine stylisée était ponctuée de notes de jazz. Dans «Mraya», «Le mariage de la sirène», ou la reprise d’un délicieux morceau de Santana sur un clavier de Stambali avec ses «chkachek» (castagnettes) et l’hystérie maîtrisée à la Boussaâdia et autres de la brousse et du bédoui en dialogue de non sourds, Soufiène, Anis, Hichem, Tarak, Elyès Ramzi…ont mérité les applaudissements du public qu’ils rencontrent sur scène pour la première fois.


«Nous ne remercions jamais assez Si Lotfi M’Raïhi, l’ASCM, et les sponsors qui nous ont soutenus et donné l’occasion pour monter notre spectacle au TMT. C’est une première pour nous…», a notamment lancé à l’assistance Soufiène Safta au nom de ses jeunes amis et compagnons de route.


 


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com