Goksel Baktagir et ses complices : Une symphonie tuniso-turque





La cinquième soirée de la Semaine de la musique instrumentale (SMI) 2008 a été tout au début assurée par Walid Gharbi et Nabil Khémir. Magnifiquement meublée aussi et surtout par le grand art de nos amis turcs. Goskel Baktagir et son complice Yurdal Tokcan ont été dans leur seconde partie (et patrie) au sommet de leur art. Au bonheur des mélomanes, très nombreux ce soir-là.


 


Depuis leur découverte par le public tunisien il y a quelques années, les deux jeunes, Khémir et Gharbi ont fait du chemin. Un parcours de talent et de persévérance. Le premier, né à Korba au Cap Bon, est depuis sa tendre enfance un amoureux de musique égyptienne des temps d’Oum Kalthoum, Mohamed Abdelwahab, Farid Al Atrache et autre Riadh Sombati. Nabil est resté dans le même registre. Mais en donnant un peu de son âme à tout ce qu’il sait faire dans sa vie. En inventant son propre outil de travail, une guitare double, il s’est fait un label. Sa musique, devenue déroutante, s’est parée d’autres couleurs. Des airs nouveaux ont balayé les variations avec quelques mèches chaudes et dorées de ses créations nouvelles. Ceci, on l’a écouté de vive voix lors de son dernier concert donné jeudi dernier à la Bonbonnière dans le cadre du festival de l’instrument organisé pour la troisième fois par M’Raïhi et ses camarades de l’ASCM.


Dans cette ambiance heureuse, s’y est associé un autre talent de chez nous. Walid Gharbi a brillé, lui aussi, par les fantaisies jubilatoires de son violon. Les deux hommes ont accordé (et raccordé) leur savoir-faire et mérité une avalanche d’applaudissements avant de céder la scène au monstre sacré, Goksel. Un Turc devenu un fidèle aux Tunisiens et un assidu sans rival aux festivals de l’ASCM. Les gens sont venus en masse notamment pour lui et pour passer un moment de bonheur avec son qanûn fétiche et admirer les notes travaillées et retravaillées avec brio sur des plages entre classiques et modernes. Ce disciple de Necdef Yasa a, à son actif aujourd’hui, dans les 140 compositions qui circulent sur les claviers de professionnels de par le monde.


Les Tunisiens ont eu droit ce soir là à une gerbe de sons montés par le qanûnji et l’autre turc au ûd, un autre génie. Yordal Tokan vient de cette école de luth au pays d’Alexandre le Grand qui a fait la notoriété de Kadri Sançilar et Moheïttin Targan. En digne héritier, il a subjugué par quelques partitions jouées en singulier. Nous avons fermé pour un moment les yeux et nous nous sommes laissé bercer par des ondes romantiques et satinées. Un réel plaisir.


En somme, la soirée, dans ses deux parties, était belle dans ses couleurs bariolées et d’une haute facture. Pour les jeunes de chez nous, c’est bien d’être présents et de se frotter aux grosses pointures car ceci les servirait dans leur avenir musical, à coup sûr, à court, moyen ou long terme. Bravo les artistes !


 


Z. ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com