Les jeunes et le temps libre : Pc, télé, cafés…





Face au stress des études et des examens, les jeunes ont un besoin réel de loisirs pour se distraire. Pour ce faire, ils doivent bien planifier leur temps libre. Comment est-ce que les jeunes passent-ils justement ce temps libre ? Et trouvent-ils les moyens de se payer des loisirs ?


 


Tunis-Le Quotidien


La jeunesse est l’âge propice à la joie de vivre et à la distraction. Une jeune personne n’est donc pas censée être sujette au stress et aux coups de blues. Toutefois, le rythme de vie accéléré et la tension des études et des périodes d’examens font que les jeunes sont aussi concernés que les adultes par le stress. Les études et la volonté de réussir les préoccupent tellement qu’ils deviennent facilement irritables. Plusieurs autres éléments peuvent également stresser un jeune : des relations amicales qui boitent, des liaisons affectives qui battent de l’aile, des désaccords avec les géniteurs, des soucis d’argent…. Ils en sont tellement affectés qu’ils ont absolument besoin de décompresser et de changer d’idées. Pour éviter les coups de blues, les loisirs demeurent le meilleur exutoire pour faire tomber la tension physique ou mentale qui les ronge. Chacun, selon ses préférences, choisit le meilleur moyen de se détendre et concocte un programme pour passer agréablement son temps libre. La majorité des jeunes confirment d’ailleurs que, pour se divertir, il suffit d’avoir une compagnie agréable, de pouvoir parler avec les amis des questions qui les préoccupent et surtout de profiter de chaque instant libre. Les jeunes ont eu justement droit à une petite période de trêve ces derniers jours. Les uns ont profité de ces quatre jours de vacances pour mettre les bouchées doubles, pour récupérer, être à jour et se préparer aux examens du deuxième trimestre. Les autres ont, au contraire, profité de cette relâche pour se distraire. Et entre les uns et les autres, certains continuent à partager leur temps libre entre travail et loisirs. Témoignages.


 


Dorsaf, 15 ans, élève, ne change pas vraiment de rythme de vie lorsqu’elle est en vacances. Elle continue à étudier et à se divertir. «Durant l’année scolaire, je suis incapable de consacrer tout mon temps libre au divertissement. Les vacances d’hiver et d’été sont, certes, une occasion pour se reposer, mais c’est également une période propice pour se rattraper. A vrai dire, je ne change pas vraiment de rythme de vie. Au lieu d’aller le matin au collège, je révise à la maison. Et au lieu de faire mes devoirs lorsque je rentre, je profite pour me distraire. J’ai un don de dessinatrice. Je réussis parfaitement les portraits. J’aime également lire des magazines. D’ailleurs, cela me permet de m’inspirer pour réussir mes croquis. Je me branche également sur le net, j’ouvre mon blog et je me mets à discuter avec les amis puisque je ne peux pas les voir lorsque je suis en vacances. Le reste du temps, je le passe à regarder la télévision. Il faut dire qu’on n’a pas vraiment le choix ! Il est difficile de trouver un endroit où aller pour se divertir. A part les cafés et les salons de thé qui fourmillent de jeunes, on n’a pas vraiment où aller. De plus, aujourd’hui on a la possibilité de voir tous les films qu’on veut sur ordinateur ou sur le lecteur DVD, avant même qu’on les diffuse dans les salles de cinéma. Résultat : il n’y a pas un lieu spécifique où l’on peut à la fois étudier, effectuer des échanges culturels et pratiquer des sports ou des hobbies. Les clubs pour jeunes n’existent pas. Et, franchement, les Maisons de Jeunes sont peu attractives. On se débrouille donc comme on peut pour meubler notre temps libre sans trop s’ennuyer», dit-elle.


 


Dorra, élève de 15 ans, a parfois hâte d’être en vacances, mais la jeune fille se lasse très vite parce qu’elle n’a pas vraiment quelque chose de spécial à faire. «Il est vrai que je me sens toujours enthousiaste à l’approche des vacances d’été parce que je peux me rendre avec les parents dans une station balnéaire. Mais en dehors des maisons au bord de la mer, ou encore des séjours dans les hôtels qui coûtent vraiment chers, il nous est difficile de trouver un endroit où aller. Certes, il y a des concerts mais il est impossible pour moi de sortir la nuit. Donc, on ne peut franchement pas dire que l’on a l’embarras du choix ! Durant les vacances d’hiver et du printemps ou durant les jours fériés, il m’arrive souvent de m’ennuyer. Je meuble mon temps comme je peux pour me délasser un peu. Généralement, je révise et je fais mes devoirs le matin, ensuite je me branche un peu sur le net, je joue un peu sur mon ordinateur, je regarde la télé et je me mets à écrire. En fait, j’écris des poèmes.  C’est une grande passion pour moi. Cela me permet de m’extérioriser et de me sentir comme débarrassée d’un fardeau», dit-elle.


 


Marouane, 18 ans,  avoue qu’il rompt avec les études durant les jours de repos. «Franchement, qu’il s’agisse de vacances, des dimanches ou des jours fériés, je n’étudie pas ! Je crois que les études accaparent déjà la plus grande partie de mon temps et de mes soucis. En outre, les vacances, pour moi, sont toujours synonymes de trêve, de loisir, de repos et de délassement. Je suis un élève assez assidu et à jour. Je ne laisse jamais les devoirs s’accumuler et je révise le jour au jour. Cela me permet de suivre le rythme de mes enseignants et de profiter pleinement de mon temps libre. Durant ces trois jours, je me suis promené par-ci et par-là, j’ai fait le tour des boutiques et j’ai réussi à acheter quelques articles soldés. Je me suis rendu dans des salles de jeux, au café pour faire des parties de cartes avec les amis et j’ai joué également au foot avec les voisins dans mon quartier. Franchement, même si je n’ai pas « chômé » et que j’ai meublé mon temps, je n’ai pas pu chasser mon stress pour autant. Il est difficile pour un jeune de trouver une aire de loisirs qui réponde réellement à ses attentes ou plutôt à ses besoins en matière de loisirs», dit-il.


 


Abdallah, 16 ans, n’a rien fait de spécial non plus. Le jeune homme a un peu révisé, mais le reste du temps, il l’a passé cloîtré à la maison devant sa console de jeu. «Il n’y a pas d’endroit où aller. Certains nous disent qu’il y a toujours les Maisons de Jeunes, mais mis à part quelques unes qui sont vraiment loin de chez moi, il n’y a rien d’attractif. En outre, il n’existe pas de clubs pour jeunes qui soient bien fréquentés et qui nous permettent de nous divertir vraiment ! Donc, que nous reste-t-il à faire ? Ou bien, on étudie, ou bien on regarde la télé, ou encore on hante les cafés et les salles de jeux. Ce sont les seuls choix que nous avons pour nous distraire ! Moi, j’ai une console de jeu et, le reste du temps, je le passe dans des cafés qui empestent la fumée des cigarettes…», dit-il.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com