Dans un livre paru hier : Bhutto connaissaient ses tueurs





Le Quotidien-Agences


Benazir Bhutto était rentrée d'exil en connaissant les noms et les numéros de téléphone portables de ceux qui voulaient l'assassiner, écrivait-elle dans un livre terminé quelques jours avant sa mort dans un attentat le 27 décembre.


Bhutto, alors chef de file de l'opposition, avait écrit dans "Réconciliation: Islam, Démocratie et l'Occident, qui a paru hier  dans diverses langues, que les autorités pakistanaises l'avaient averti de ce que quatre cellules de kamikazes avaient été envoyées pour l'éliminer par le seigneur de guerre taliban Baitullah Mehsud, par Hamza, fils d'Oussama ben Laden ainsi que par deux organisations intégristes.


"J'avais en fait reçu d'un gouvernement étranger musulman, qui m'était favorable, les noms et numéros de portables de ceux qui étaient désignés pour me tuer", écrit Bhutto, qui accusait alors le président pakistanais, Pervez Musharraf, de ne pas la protéger suffisamment et de ne pas mener d'enquête sur les menaces lancées contre elle.


Bhutto, qui avait été à deux reprises chef du gouvernement pakistanais, indique avoir adressé une lettre à Musharraf avant de revenir d'exil en octobre dernier. Elle y désignait des personnes, au sein des services de renseignement pakistanais qui, selon elle, seraient responsables de son futur assassinat.


"Je lui ai dit que si j'étais assassinée par des extrémistes, ce serait le fait de sympathisants de son régime, que je soupçonnais de vouloir m'éliminer et de supprimer par là même la menace que je représentais pour son emprise sur le pouvoir", lit-on dans le livre de 318 pages.


Bhutto avait survécu à un premier attentat à la bombe - l'un des plus meurtriers de l'histoire du Pakistan avec 139 morts - commis au moment où elle rentrait au pays, en octobre, après huit ans d'exil.


Elle a fini par être assassinée le 27 décembre, à l'issue d'un rassemblement politique organisé dans le cadre de la campagne des législatives du 8 janvier. Ce scrutin a été reporté par la suite au 18 février.


"Lorsque je suis rentrée (au Pakistan), j'ignorais si j'allais vivre ou mourir", écrit celle qui était la mère de trois enfants. "J'ai dit adieu à mes enfants, à mon mari, ma mère, au personnel travaillant pour moi, à mes amis et à ma famille, ne sachant pas si je les reverrais un jour", raconte Bhutto, dont le père, premier chef de gouvernement élu lors du premier scrutin libre et pluraliste, fut pendu par l'armée à la fin des années 70.


Après la première tentative d'assassinat, Bhutto écrivait qu'une "opération pour dissimuler (toute trace) était en cours depuis les premiers moments de l'attentat" qui, selon elle, était "à l'évidence conçu pour apparaître comme un attentat suicide comme en commet Al Qaïda".


"Au Pakistan, les choses ne sont presque jamais ce qu'elles semblent être. Il existe toujours des cercles à l'intérieur des cercles, et rarement des lignes droites. Cela était conçu pour ressembler à l'œuvre d'Al Qaïda et des taliban, et je ne doute pas qu'ils aient été impliqués", écrivait Bhutto.

"Mais la complexité du plan laisse penser à une conspiration plus large. Des éléments au sein des services de renseignements pakistanais avaient créé les taliban dans les années 1980, et certains éléments ont sympathisé avec Al Qaïda, sur les plans idéologique et théologique. Certains ont recruté ou travaillé pour Al Qaïda", affirme-t-elle dans le livre.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com