L’enseignement supérieur: la réforme utile





Le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche en Tunisie est en pleine phase de mutation. Traduisant une volonté politique majeure, ce secteur enregistre une cadence de développement de plus en plus accrue et est passé en phase d’accélération avec l’instauration de la réforme LMD. Nos institutions seront dans quelques années toutes harmonisées par rapport à ce système qui couvre actuellement l’espace européen en entier. Un choix avant-gardiste est celui qui consiste à nous engager dans ce processus au plus tôt afin de suivre à temps la synergie provoquée par ce bouleversement des habitudes et des pratiques encrassé depuis des décennies dans les esprits de nos universitaires et résultant d’un héritage de pratiques ne pouvant plus s’agencer de nos jours avec l’évolution du système éducatif moderne. La réforme de l’enseignement supérieur ne concerne pas uniquement notre pays et la majorité des nations savantes ont compris depuis longtemps que l’université ne peut plus fonctionner avec les mêmes procédures qu’autrefois et la réflexion sur des nouveaux modes de gouvernance de nos institutions devient plus que jamais indispensables. La France, grande nation du savoir, avec qui nos échanges sont les plus développés dans ce secteur s’est engagée avec détermination dans ce processus et bon nombre d’universités françaises sont actuellement en cours de conversion vers de nouveaux modes d’administration de l’enseignement supérieur et de la recherche. Aucune crainte ne doit gagner les esprits de nos universitaires tunisiens sur une réforme qui leur assurera dans le futur une emboîture parfaite avec nos différents partenaires avec qui nous collaborons d’égal à égal et qui ne peuvent que nous doubler de confiance en voyant notre système éducatif s’adapter avec les exigences mondiales de la nouvelle société du savoir. Œuvrer pour un enseignement supérieur de qualité est une marque de perfectionnement d’un système qui souhaite tendre vers l’excellence de ses formations et qui repose en premier lieu sur l’adaptation du contenu des programmes pour assurer la bonne insertion de nos diplômés dans le monde économique. Cette adaptation est nécessaire aussi, car elle tiendra compte de l’inévitable accolure entre université et entreprise longuement reconnue d’être à l’origine de l’essor du secteur économique d’un pays. L’évolution vers de nouvelles règles et pratiques d’enseignements dans nos universités devient une exigence  à cause de l’intrusion des nouvelles technologies de l’information et de communication devenant actuellement incontournables et exigeant du corps enseignant une parfaite adaptation afin qu’il puisse dialoguer avec ses étudiants par les mêmes outils. Les réticences et frustrations des uns et des autres vis à vis de cette réforme sont totalement exagérées et ne peuvent qu’entraîner un retard dans la mise en place de cette inéluctable réforme. Aussitôt nous réformons, aussitôt nous récoltons.

Professeur Ghanem MARRAKCHI
Université de Saint-Etienne (France)




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com