Musique de feuilletons : Les succès intimes de Hamadi Ben Othmane





La musique de feuilletons n’est pas une spécialité inconnue de nos compositeurs. Mais sous la forme d’un CD c’est une première. Et quelle première ! L’album édité par phonie, subventionné par la ministère de la Culture et signé Hamadi Ben Othmane met en avant toute une palette musicale et technique qui installe le climat serein d’une calme et fructueuse collaboration.


 


L’album composé de deux CD comporte de nombreuses richesses. Tout d’abord, il restitue pleinement le plaisir qu’on a eu en regardant des feuilletons tunisiens.


Plaisir renouvelé d’inventivité et de finesse harmonique, rappelant l’interaction entre différentes formes d’art. C’est bien le cas, rappelez-vous, de “Warda” “Weld Ennas”, “Amouaaj” “Bab Al Khoukha”, “Rihana”, “Matous”…


Des compositions brillantes et imagées qui “techniquement” peuvent se suffire à elles-mêmes.


Cette même musique a représenté un tapis sonore délicatement tissé, à chaque fois renouvelé sans limite de genre ni de registre.


Hamadi Ben Othmane écrit dans la veine d’un chevronné, des compositions tout en fluidité, tout en douceur, avec un joli grain d’humour notamment dans “Daabal Akhou Dahbal”.


Du grand art, celui de savoir distiller une belle musique ou règnent en maîtres les instruments de musique et non l’élément synthétique !


Il y a dans cette musique paisible où le temps s’est arrêté des mélodies subtiles, bercées par une douce mélancolie, parfois rehaussée d’une belle voix ciselée.


En écoutant ces belles pièces musicales qui s’enchaînent on songe à un long chemin de vie ouaté et rêveur, effarouché par l’ordinaire fracas du quotidien.


Le périple généreux et coloré à travers la musique nous est proposé de  la manière la plus sobre. La plus juste aussi.


Normal, Hamadi Ben Othmane est incontestablement l’un des maîtres tunisiens de la composition, un aventurier tranquille, au verbe pesé, ayant toujours choisi d’avancer sur un territoire sonore inexploré : celui de la musique de feuilletons.


Depuis 1972, le jeune Hamadi Ben Othmane se fait remarquer d’abord comme un excellent compositeur de musique d’œuvres théâtrales.


Celui qui baignait dans l’ambiance hétéroclite de la Tunisie de l’après indépendance s’est formé dans l’amour de l’art.


Le pur. En allant du théâtre, en passant par le folklore tunisien, de la chanson populaire des tout-premiers (qui selon lui s’est arrêtée avec Ismaïl Hatab), la musique occidentale classique, celle tunisienne, etc.


En pleine effervescence culturelle, il a côtoyé les artistes de théâtre les plus nantis. Rien que du beau monde, des pointures, de la troupe de Raja Farhat, Fadhel Jaziri, Fadhel Jaïbi, Abdelkader Mokdad, Jalila Baccar, Samir Ayedi, et Raouf Ben Amor.


Ils étaient tous des membres de la troupe du “Théâtre du Sud de Gafsa”.


Bien avant, l’amour pour la musique lui a été concocté dans “la jeunesse scolaire”. C’était en 1963.


Aujourd’hui, le compositeur a à son actif des musiques de 39 pièces de théâtre, 12 feuilletons tunisiens et 9 films.


Il a, entre autres, tenu les rênes de la direction de la musique, etc …


Aujourd’hui qu’il est à la retraite, si Hamadi se dit satisfait du bout de chemin entrepris.


Pendant ce temps de répit, il s’adonne au plaisir de l’écriture, puisqu’il est sur le projet d’un livre spécialisé qui serait d’une grande utilité pour les étudiants de musique.


Il continue aussi de savourer le plaisir de la créativité renouvelée par des compositions pour des chanteurs tunisiens parmi les jeunes et les nantis.


Des souhaits ? Il en a certainement, puisque l’artiste émérite qu’il est songe toujours à la réalisation d’une opérette selon les normes universellement convenues.


 

Mona Ben Gamra


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com