La bourse ou la vie !





Nous avons tous le devoir d’affronter la vérité en face car, après plusieurs années de hausse continue du prix du pétrole, le fardeau est devenu si lourd pour nos ressources budgétaires qu’il est désormais impossible de poursuivre à ce rythme.


C’est le syndrome de ‘’La bourse ou la vie !’’… Un ultimatum à affronter avec courage et dignité : ou bien adhérer tous à une discipline de fer pour la maîtrise cohérente de l’énergie, ou bien se tenir prêts à voir s’abattre à n’importe quel moment l’épée de Damoclès sur nos rêves de développement et de prospérité.


Certes, le Président Ben Ali a ordonné, très tôt (dès 2001, seulement quelques mois après que les prix du brut eurent commencé à monter en exponentielle) la mise en place d’une stratégie d’intensification des investissements dans la prospection et la recherche d’hydrocarbures, de rationalisation de l’énergie et de promotion des énergies renouvelables.


Certes, la Tunisie a institué de nombreuses réformes qui ont porté principalement sur la révision du Code des hydrocarbures, la promulgation d’une loi sur la maîtrise de l’énergie, l’intégration du volet de l’économie d’énergie dans le programme de mise à niveau, la révision des normes des équipements électroménagers, l’institution de facilitations et d’incitations en vue d’encourager le raccordement des unités industrielles et les foyers au réseau du gaz naturel et l’installation de capteurs solaires, l’organisation d’une campagne pour commercialiser les lampes économes en énergie sur le marché intérieur…


Certes, les résultats enregistrés ont été positifs grâce aux efforts de sensibilisation entrepris pour l’amélioration de l’efficacité énergétique qui a atteint 326 kg pour mille dinars de valeur ajoutée en 2007 contre 416 kg en 2001.


Mais nous devons nous dire sincèrement la vérité que tout cela n’a pas du tout suffi à éponger la folle envolée des prix. Voire, l’Etat a été contraint d’intervenir (de manière directe et indirecte) pour préserver le rendement du secteur productif et le confort des citoyens. La facture ? Une somme énorme de 750 millions de dinars partie en fumée alors qu’elle aurait pu servir à construire des hôpitaux, des routes…


Voilà ce dont nous devons être tous conscients, voilà le nouveau regard que nous devons poser sur l’avenir. Car cette pression insoutenable sur les ressources de la Tunisie peut être beaucoup amoindrie jusqu’à devenir à peine perceptible si nous avons le courage et la force de caractère de changer nos mentalités et nos comportements : chacun d’entre-nous, les secteurs énergivores, le secteur agricole, le domaine de l’habitat, le secteur du transport, le domaine de la recherche scientifique…


Dans l’immédiat, appelons un chat un chat et sachons que notre devoir à tous est de comprendre que le simple patriotisme nous invite à soutenir dès à présent toutes les dispositions que le leadership tunisien se verra amené à prendre pour préserver, en fin de logique, la dynamique de développement lancée à grands efforts par notre pays depuis deux décennies.


 


Manoubi AKROUT


manoubi.akrout@planet.tn




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com