Sarkozy : «Oui à un accord de paix, oui à un Etat palestinien avant fin 2008»





* Nous ne transigerons jamais sur la sécurité d’Israël, mais il n’y a pas de solution militaire au conflit


 


Quelque mille personnes ont participé au 23e dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), à Paris au pavillon d'Armenonville, dans le Bois de Boulogne.


Le président français Nicolas Sarkozy était l'invité d'honneur de cet événement.


Il a prononcé un discours dans lequel il a insisté sur ses liens cordiaux avec Israël, qu'il avait déjà évoqués à des époques où il ne convenait guère, selon lui, de se dire ami d'Israël.


 


Le Quotidien-Agences


Dans son discours, le président Sarkozy a fait une charge contre la laïcité. Il a estimé qu'il ne fallait pas s'interdire de parler de la religion et a déclaré qu'il existait à l'évidence une immense demande de spiritualité et de sens. Il a estimé qu'il fallait chercher à favoriser un dialogue entre les différentes religions. "Ce dialogue est un enjeu majeur du 21e siècle." Et d'ajouter : "Est-on devenu à ce point sectaire et aveugle que l'on sorte du domaine de la politique les questions essentielles de la vie, la civilisation, l'amour et l'espérance."


"L'espérance religieuse reste une question importante pour l'humanité et croire dans quelque chose vaut parfois mieux que croire que tout se vaut. Voici, mes chers amis, ce que j'ai dit à Rome et à Riyad, rien de plus, rien de moins, et comme l'on dit : je persiste et j'ai le plaisir de signer", a déclaré le président avec le sourire qui le caractérise.


Sarkozy a rappelé être un allié de l'Etat d'Israël. En s'adressant au président du Crif, Richard Prasquier, il a affirmé : "Je me suis présenté comme un ami d'Israël à une époque où il valait mieux éviter ce genre de déclarations. Avec les amis d'Israël, ça va avec les saisons… en ce qui me concerne je ne connais pas de saison pour cette amitié, ou plutôt c'est la saison perpétuelle."


Et d'ajouter : "Oui, c'est vrai, je suis un ami d'Israël et j'attache une grande importance au resserrement des liens de coopération politique et d'amitié entre nos deux pays. L'année 2007 aura été une année dense, fructueuse pour la relation entre la France et Israël. (…) J'ai eu le plaisir en particulier de recevoir à Paris le Premier ministre d'Israël, Monsieur Ehoud Olmert. Bernard Kouchner s'est rendu en Israël à deux reprises et il y retournera dans quelques jours."


Le président Sarkozy a estimé que la création d'Israël était un événement d'une grande importance et il a rappelé qu'il participerait aux festivités organisées en mai en Israël pour marquer son soixantenaire. "L'année 2008, c'est l'année du soixantenaire de la création de l'Etat d'Israël. C'est un événement. C'est un événement dont nous devons souligner l'importance. Les circonstances de la création de l'Etat d'Israël et la spécificité aussi bien historique que géographique et politique de ce pays ne doivent pas être oubliées. 2008 sera donc une année particulière pour notre relation bilatérale."


Sarkozy a en effet indiqué qu'il avait voulu que la première visite d'Etat en France, depuis qu'il était président de la République soit réservée au président de l'Etat d'Israël, Shimon Pérès. "Il sera parmi nous du 10 au 14 mars et je suis particulièrement heureux que ça soit la première visite d'Etat", a-t-il précisé.


Il a par ailleurs rappelé qu'Israël serait "l'invité d'honneur du prochain salon du Livre à Paris qui constitue toujours un événement culturel majeur pour le pays."


Et d'ajouter : "Je veux d'ailleurs, puisque j'en suis au point où j'en suis, vous dire que la France souhaite de toutes ses forces l'entrée d'Israël dans la francophonie."


Le point important du discours de Sarkozy était sa façon d'aborder l'issue du conflit israélo-palestinien. Si Sarkozy a bien insisté sur l'amitié de la France, il a quand même utilisé un mot qui  est fort de sous-entendus : "l'occupation".


"La France entend accompagner pleinement Israël dans son chemin vers une paix juste et durable dans la région. Le peuple israélien dans sa majorité estime que ce conflit n'a que trop duré. Il est temps, il est temps pour les deux parties de tourner la page. Israéliens et Palestiniens doivent parvenir à un compromis historique, qui permettra à chacun de se tourner vers l'avenir. Je crois que l'opinion publique israélienne, dans sa sagesse, est prête, dans l'intérêt même d'Israël pour sa sécurité et sa pérennité. Je partage la conviction de Shimon Pérès et d'Ehoud Olmert qu'un accord de paix doit permettre la création avant la fin 2008 d'un Etat palestinien viable et moderne aux côtés d'Israël dans le cadre de frontières sûres et reconnues."


Sarkozy a appelé les Palestiniens à cesser «le terrorisme» et les tirs de roquettes, "qui ne sauraient en aucun cas être justifiés." Il a rappelé : "Le soldat franco-israélien Guilad Shalit doit être libéré. Croyez bien que je ne ménagerai aucun effort en la matière."


"La France ne transigera jamais sur la sécurité d'Israël. (…) Il n'y a pas de solution militaire au conflit avec les Palestiniens et c'est l'ami d'Israël qui le dit. Il faut favoriser une solution politique, une solution négociée. (…) La poursuite de la colonisation, qui met en cause la viabilité du futur Etat palestinien, renforce le sentiment d'injustice et est un obstacle à la paix", a déclaré Sarkozy.


Il a par ailleurs estimé qu'un accord d'ici la fin de l'année était "parfaitement possible".


Concernant le dossier iranien, le président français a affirmé que Téhéran devait "démontrer ses objectifs pacifiques et respecter les résolutions des Nations unies".


Dans son discours, le président du Crif, Bernard Prasquier, s'est déclaré pour sa part plus inquiet quant aux véritables intentions de Téhéran : "L'Iran suit un programme d'enrichissement d'uranium à un niveau qui ne s'explique que par des objectifs militaires."

Le président Sarkozy a également évoqué la lutte contre l'antisémitisme comme un problème ne concernant pas seulement la communauté juive, il a affirmé que c'était "l'affaire de la république dans son ensemble".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com