Lors d’une conférence d’adieu : Poutine menace de pointer ses missiles sur l’Europe





* L’homme fort du Kremlin se pose en futur Premier ministre fort de Medvedev


 


Le président russe Vladimir Poutine s'est posé hier en futur Premier ministre de fort calibre de Dmitri Medvedev, son successeur probable, et a martelé que la Russie se défendrait contre toute "menace" de l'extérieur.


 


Le Quotidien-Agences


La Russie pointera ses missiles sur l'Ukraine, la Pologne et la République tchèque si les projets d'élargissement de l'Otan ou de déploiement du bouclier antimissile américain se concrétisent dans ces pays, a menacé hier le président Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse.


"Nous serons obligés (dans ce cas) de réorienter nos missiles vers des cibles qui, de notre point de vue, menaceront notre sécurité nationale", a déclaré Vladimir Poutine dans une allusion à une possible adhésion de l'Ukraine à l'Otan.


L'Ukraine a déjà entrepris des démarches pour entrer dans l'Otan "contre l'avis de sa population" qui y est en majorité opposée, a déploré le président russe.


"Ils peuvent bien aussi installer des bases, ou des éléments du bouclier antimissile américain" dans ce pays, a-t-il ajouté.


Le président russe a par ailleurs répété les menaces proférées en juin 2007 contre les Européens en affirmant que la Russie devrait viser la Pologne et la République tchèque si Washington y déployait des éléments de son bouclier antimissile.


"Notre état-major, nos experts estiment que ce système menace notre sécurité nationale. Si cette menace apparaît, nous serons obligés d'y réagir de manière appropriée", a dit Poutine.


"Et alors nous serons, probablement, obligés de réorienter nos systèmes de missiles sur les sites qui nous menacent", a précisé Poutine.


Le maître du Kremlin avait déjà évoqué implicitement mardi une éventuelle réplique au déploiement de bases de l'Otan en Ukraine, ou même d'éléments du bouclier antimissile américain, même si Kiev a démenti avoir la moindre intention en la matière.


"Dire, même penser que la Russie, en réponse, pointera (...) ses missiles sur l'Ukraine, cela fait peur", avait dit le président russe, dans des propos ambigus pouvant signifier une menace.


La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a jugé mercredi ces menaces voilées "répréhensibles" et "inacceptables". Washington a également prévenu que les propos de  Poutine risquaient d'affecter les relations russo-américaines.


 


Premier rôle


"L'heure n'est pas aux pleurs, il faut se réjouir de la possibilité de travailler à un autre poste, de servir son pays à un autre titre", a-t-il dit devant un millier de journalistes lors de sa dernière conférence de presse annuelle avant son départ du Kremlin en mai.


"Je suis prêt à travailler comme chef du gouvernement" en cas de victoire de Dmitri Medvedev, son dauphin déclaré, à la présidentielle du 2 mars, a-t-il répété.


Medvedev, un juriste issu du cercle de Poutine à la mairie de Saint-Pétersbourg (nord-ouest) et qu'il a suivi au Kremlin, a proposé en décembre à son mentor de devenir Premier ministre s'il est élu.


Poutine avait alors indiqué qu'il accepterait, mais n'était plus revenu depuis sur cette question alors que beaucoup d'analystes se demandent comment il peut devenir le subordonné de Medvedev, après avoir été pendant huit ans l'homme le plus puissant de Russie.


"Le président est le garant de la Constitution. Il définit les grandes priorités. Le pouvoir exécutif suprême dans le pays, c'est le gouvernement russe et le chef du gouvernement", a poursuivi Poutine, laissant ainsi clairement entendre qu'il ne se contenterait pas du second rôle.


Poutine a rappelé que le gouvernement était doté de "larges prérogatives": "il s'agit de la préparation du budget (...) la résolution des problèmes de société, de santé, l'éducation, l'environnement, la défense et la sécurité du pays, la politique économique internationale", a-t-il dit.


Evoquant "l'alchimie" avec Medvedev et sa "confiance en lui", il a assuré par ailleurs que le candidat du Kremlin et très probable chef de l'Etat ferait "un bon président".


Poutine a assuré par ailleurs n'avoir jamais eu l'intention de se présenter à un troisième mandat - ce que la Constitution ne permet pas aujourd'hui - malgré les appels en ce sens. "Je n'ai jamais été tenté par un troisième mandat (...) Je n'ai jamais ressenti de dépendance au pouvoir", a-t-il dit, avant de mieux expliquer qu'il resterait comme Premier ministre.


Pour son dernier grand rendez-vous avec la presse, Poutine s'est de nouveau livré à un bilan flatteur de sa présidence, tout en assurant rester humble face au pouvoir et à la "confiance" que les Russes lui ont accordée en l'élisant par deux fois.


"Pendant huit ans, j'ai ramé comme un esclave sur une galère, jour et nuit. Je suis content de mon travail (...) Tous les objectifs ont été atteints. Nous avons une situation stable, économiquement et politiquement", a-t-il dit, concédant tout au plus des lacunes dans la lutte contre l'inflation, qui a frôlé les 12% en 2007, et contre la pauvreté en Russie.

"Dieu m'a donné le bonheur de travailler pour mon pays (...) Il faut être reconnaissant pour ça", a lancé Poutine dont la présidence a été marquée par un spectaculaire rapprochement entre l'Etat et l'Eglise orthodoxe.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com