Les jeunes et le goût du risque : Le choix… désarme





Tous les jeunes ont un désir fou d’éprouver des sensations fortes. Ils sont mus par une fureur de vivre telle qu’ils se jettent facilement dans la gueule du loup ! Comment les jeunes traduisent-ils justement cette volonté de se surpasser pour des risques qui n’en valent vraiment pas la peine ?


 


Tunis-Le Quotidien


Théoriquement, un être humain doit bien appréhender les choses avant de passer à l’acte. Or, chez les jeunes, c’est l’inverse ! C’est seulement grâce à la pratique et à l’action qu’ils arrivent à apprendre. Nombreux sont les jeunes qui, d’ailleurs, aiment courir des risques et passer à l’action parce qu’ils sont encore obnubilés par le désir enfantin d’attirer l’attention sur eux. En affrontant des difficultés, ils vivent dans un monde à haut risque à travers lequel ils cherchent à… épater les adultes ! Ils veulent prouver qu’ils ont grandi, qu’ils n’ont plus besoin d’une tutelle omniprésente et qu’ils ne peuvent plus admettre la mainmise des adultes sur eux. Toutefois, cette catégorie ne récolte réellement qu’une étiquette d’irresponsables. En agissant de la sorte, ils ne peuvent aucunement être dignes de confiance puisqu’ils ne savent pas se mettre des limites et agissent à leur guise en laissant leur fougue les guider aveuglément. Comme un oisillon qui veut voler avant la maturation de ses ailes, une jeune personne est poussée par le désir de se lancer prématurément à l’aventure. Sauf que cet oisillon essaye de battre des ailes en vain pour finir par choir. C’est aussi ce que risque un adolescent qui suit ses désirs sans tempérer ses ardeurs et sans prendre en considération les freins et les obstacles qu’il risque de rencontrer. L’esprit de l’aventure et le goût du risque caractérisent l’adolescence. Cela permet au jeune de se distinguer par rapport aux enfants dépendants et par rapport aux adultes généralement rigides. Un jeune est toujours en quête de nouvelles expériences, de nouvelles aventures des plus périlleuses qui soient. Il choisit les situations les plus malaisées et les objectifs les plus difficiles à atteindre. Tout ce qui est incommode le sollicite et attise sa curiosité. Ces difficultés délibérément recherchées lui permettent de surmonter des obstacles, de relever les défis, de se surpasser et de se faire admettre en tant qu’être humain à part entière.


 


Rami, 19 ans, aime relever le défi. Le jeune homme est toujours partant pour les programmes d’improvisation où le mot d’ordre rime avec aventure et risques. «Le fait que l’on étudie tous les angles d’une action avant de passer à l’acte n’est vraiment pas mon dada. J’adore me jeter à l’eau sans trop savoir où cela va me mener. Le fait d’être conscient et de marcher à pas sûrs et bien étudiés est peut-être plus prudent, mais cela a un goût insipide. Par contre, si on s’initie quelque chose sans avoir beaucoup d’informations, on pourra apprendre beaucoup plus sans avoir à supporter les cours lassants et le casse-tête des théories. D’ailleurs, je ne pense pas que la théorie soit la meilleure méthode pour apprendre. Si l’on passe directement à l’exécution de nos idées et qu’on donne libre cours à notre imagination, on va mieux apprendre. C’est en commettant des erreurs qu’on apprend plus. En outre, la découverte d’une chose qu’on ne connaît pas du tout est beaucoup plus sensationnelle. Je demande toujours la permission de mes parents avant de sortir juste pour qu’ils ne s’inquiètent pas, mais une fois dehors, j’agis comme bon me semble. Mais, cela ne veut pas dire que je bascule dans l’illégal. Je fais en sorte d’effleurer des risques sans vraiment me casser le cou ! Mes parents m’interdisent également de prendre le volant parce que je n’ai pas encore le permis de conduire. Mais dès qu’ils tournent le dos, je pique les clés et en avant la musique!. Je  m’éloigne, je fais des cascades et je roule vite. Lorsque je conduis, je suis le seul maître de mon sort et je ne peux pas suivre le code de la route à la lettre. Le fait d’appuyer fort sur le champignon, d’ouvrir à fond le radio, de se faufiler entre les véhicules et d’arriver à les dépasser, me grise. C’est comme si je venais de gagner un match. Je pense que les risques valent la peine d’être encourus, peu importe ce qui va s’ensuivre puisque en fin de compte je parviens à me surpasser. Il m’arrive également de mettre mon sac sur le dos et de partir à la découverte d’un endroit que je ne connais pas. Sans prévenir, je pars à l’aventure et je choisis parfois le plus haut point d’une falaise pour camper, cela me permet de me sentir libre, maître de mon destin et surtout d’acquérir de l’expérience», dit-il.


 


Mohamed, 20 ans, a le permis de conduire. Toutefois, lorsqu’il est au volant, il se permet de «tutoyer»… la mort !! «Lorsqu’on est jeune, on ne pense pas vraiment aux risques, aux conséquences et à toutes ces choses qui rendent notre vie trop insipide. Nous avons besoin de croquer la vie à belles dents. Nous avons besoin de sensations fortes, j’ai besoin de me surpasser et de voir jusqu’où je peux aller sans pour autant arriver à toucher le fond. Il m’arrive de prendre la voiture des parents et d’appuyer à fond sur le champignon. Je sais qu’en agissant de la sorte, je cours un risque, mais c’est justement là où je me sens aux anges. Le fait de sentir l’adrénaline monter et la sueur perler à mon front me procure une sensation de bonheur. Il m’arrive aussi de faire l’école buissonnière. Tous ces comportements me donnent l’impression que je suis irresponsable. Or, c’est justement en touchant au danger de près qu’on peut arriver à comprendre et à admettre qu’il s’agit réellement d’un danger. Les théories moralistes ne peuvent pas nous dissuader. L’âge de la jeunesse est propice à ces petites graines de folie. Un peu plus tard, on va s’assagir et l’âge adulte imposera que l’on regarde les choses avec plus de sagesse et de maturité. Alors autant en profiter à présent», dit-il.


 


Malek, 20 ans, a également un penchant pour les sensations fortes. Le jeune homme ne peut pas se sentir dans son élément tant qu’il ne s’est pas surpassé. «Il m’est arrivé de sortir avec deux filles juste pour tenter de mener une double aventure et pour voir si je suis capable de dissimuler la vérité. Mais je dois reconnaître que c’est moi qui ai perdu la raison. Je suis devenu tout le temps sur mes nerfs et j’ai fini par laisser tomber. Il m’est arrivé, également, d’aller dans des endroits quasi déserts qui donnent vraiment la frousse. Et, à vrai dire, j’ai fini également par me rendre compte que cela ne valait pas la peine. Maintenant je suis beaucoup plus sage», dit-il.


 


Walid, 20 ans, a également  commis quelques…«écarts» ! «Je dois dire que le fait de se surpasser, de courir des risques et de relever des défis nous permet d’avoir un grand sentiment de satisfaction. Le sensationnel prime chez les jeunes. Ce n’est pas vraiment très grave, parce que nous avons un minimum de jugeote qui nous permet de nous arrêter lorsque le risque devient énorme et que l’enjeu ne vaut pas toute la peine qu’on se donne. Certes, on aime avoir des sensations fortes mais moi, personnellement, je ne suis pas irresponsable pour autant. Je sais quand m’arrêter», dit-il.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com