Narguant la Serbie et la Russie : Le Kosovo proclame son indépendance





Le Premier ministre kosovar Hashim Thaçi a annoncé pour aujourd’hui la proclamation d'indépendance du Kosovo alors que l'Union européenne (UE) a donné son feu vert à l'envoi d'une mission pour accompagner les premiers pas indépendants de la province serbe.


 


Le Quotidien-Agences


Soucieux de voir l'indépendance reconnue par l'UE et les Américains, Thaçi a indiqué à plusieurs reprises que le processus menant à la déclaration d'indépendance était mené par les responsables du Kosovo "en coordination" avec les Occidentaux.


Les Etats-Unis et plusieurs grands pays de l'Union européenne (UE) ont exprimé au cours des dernières semaines leur intention de reconnaître rapidement l'indépendance du Kosovo après sa proclamation.


En revanche, Belgrade, fermement soutenu par la Russie, et les Serbes du Kosovo (un peu moins de 10% de la population) sont opposés à toute indépendance unilatérale de la province.


"Je n'abandonnerai jamais la lutte pour notre Kosovo", a juré, en prêtant serment vendredi, le président serbe Boris Tadic, réélu le 3 février, qui avait auparavant averti que "les relations ne (seraient) plus les mêmes" avec les pays qui reconnaîtraient le Kosovo.


La Serbie et la Russie ont averti jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU qu'elles n'accepteraient jamais l'indépendance du territoire.


Belgrade a par avance "annulé" toute décision des autorités kosovares conduisant à une indépendance, jugée "illégale", et a prévu de s'y opposer par "toutes les mesures diplomatiques, politiques et économiques" possibles.


A plusieurs reprises et encore vendredi, Thaçi a assuré que la sécurité des Serbes et des autres minorités serait garantie dans un Kosovo indépendant et a appelé à tourner la page du "triste passé".


Cette proclamation intervient alors que les pays de l'UE ont donné hier leur feu vert à l'envoi d'une mission de quelque 2.000 policiers et juristes, baptisée, Eulex, chargée d'accompagner l'indépendance du Kosovo.


Cette mission doit prendre la relève de la Mission de l'ONU au Kosovo (MINUK), qui administre la province depuis la fin du conflit entre les forces serbes et la guérilla indépendantiste kosovare albanaise en 1999.


L'UE est divisée sur la question de l'indépendance. Une large majorité de pays européens sont prêts à la reconnaître.


Mais six Etats, craignant qu'une indépendance du Kosovo n'encourage les séparatismes, ne devraient pas le faire dans un proche avenir: Chypre (en raison de la sécession de la "République turque de Chypre du Nord", la Grèce, l'Espagne (confrontée aux séparatistes basques et catalans), la Bulgarie, la


Roumanie, la Slovaquie. La reconnaissance ne se fera pas au niveau de l'UE, mais pays par pays.


La tâche de l'UE s'annonce comme un défi, en particulier dans le Nord, où vivent 40.000 des 120.000 Serbes présents au Kosovo.


Le principal leader des Serbes du Kosovo, Milan Ivanovic, opposé à toute indépendance, a rejeté hier la légitimité de la mission de l'UE.


"Par essence, la mission (de l'UE) a les caractéristiques d'une occupation et ne sera acceptée ni par la Serbie ni par les Serbes du Kosovo", a-t-il déclaré.


Dans une première décision concrète contestant d'avance la souveraineté kosovare et augmentant le risque d'une sécession, les Serbes du Kosovo ont annoncé avant-hier qu'ils organiseraient sur leur territoire les élections municipales prévues en mai en Serbie et indiqué qu'ils formeraient leur propre Parlement.


Alors que des violences et provocations sont possibles entre communautés, la Force de l'OTAN au Kosovo (KFOR) a prévenu hier  qu'elle était "absolument déterminée à maintenir la sécurité".


"Nous allons augmenter notre niveau d'activité au cours des deux prochains jours", a déclaré à la presse le chef de la KFOR, le général Xavier Bout de


Marnhac. "Nous réagirons avec une grande fermeté à toute provocation" qu'elle soit le fait d'Albanais ou de Serbes, a-t-il ajouté.


La KFOR assure depuis 1999 la sécurité au Kosovo. Avec la MINUK, elle y a été envoyée au terme de la résolution 1244 du Conseil de Sécurité adoptée en juin 1999, qui accorde au Kosovo une "autonomie substantielle" tout en réaffirmant la souveraineté de Belgrade sur ce territoire.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com