Par Abdelmajid CHORFI





Guerre ou paix ?


Un des hommes-clé des opérations militaires du Hezbollah, Imed Moughnieh, vient d’être assassiné à Damas. A qui profiterait le crime ? On s’accorde à pointer le doigt sur Israël bien que ce dernier se soit empressé de démentir toute implication. Ce qui est d’ailleurs contraire à ses habitudes. Mais Israël ne saurait se défausser  de la responsabilité de ce crime odieux car le forfait porte son estampille. Ce pays avait par le passé, et en de multiples occasions commis de tels forfaits.


L’homme avait de l’envergure et une vive intelligence. Il a fallu 26 ans, passés dans la clandestinité, pour qu’Israël le retrouve et c’est tout dire.


Dans ce meurtre, Israël est gagnant sur plusieurs plans. Tout d’abord, il se débarrasse d’un homme qui lui avait donné du fil à retordre. Partant, il administre la preuve qu’il est capable de poursuivre, le temps qu’il faut, ceux qu’il considère comme des ennemis les plus implacables. C’est aussi un coup porté au Hezbollah lui signifiant que, tout auréolé qu’il soit de sa victoire dans la guerre du Liban, Tel-Aviv n’avait pas hésité à le frapper au sommet. En outre, par cet assassinat, l’Etat hébreu embarrasse la Syrie qu’il a toujours accusée d’abriter des «terroristes».


Mais il y a encore plus grave et plus inquiétant… Ce crime serait une provocation qui pousserait Hassan Nasrallah à commettre la faute. Un casus belli qui permettrait à Israël de rééditer son agression d’août 2006 mais avec, cette fois-ci, une armée relookée et fortement ragaillardie. En un mot, ce serait l’occasion pour lui de laver l’affront.


Le Hezbollah a maintenant devant lui deux possibilités: soit répondre par des représailles bien carabinées, soit faire profil bas et calmer le jeu. Dans le premier cas, ce sera la guerre totale, l’Iran venant à la rescousse et, partant, les Etats-Unis entrant en jeu. Dans de deuxième cas, il perdrait son crédit. C’est  la guerre.


Ceci est un premier scénario. Il y en a un autre qui est tout-à-fait l’inverse. Le crime aurait été commis par l’Iran à la suite d’un marché secret conclu avec les Etats-Unis. On débarrasse l’Occident d’un homme «dangereux». En contrepartie, les E-U ferment les yeux sur le programme nucléaire. C’est la paix. Une pax americana.


______________________


 


Sauve-qui-peut


Ceux qui commanditent ou exécutent des attentats terroristes, le font au nom, pensent-ils, d’une lutte sacrée pour rendre à l’Islam sa dignité. Ils ne savent pas l’ampleur du mal qu’ils commettent à l’endroit du message du Prophète.


Ces attentats qui touchent souvent des civils innocents ne font ni chaud ni froid aux responsables des puissances occidentales, mais plutôt contribuent à faire dresser contre l’Islam l’opinion du citoyen lambda de ces pays. Ce dernier y répondra par une réaction de rejet qui peut prendre plusieurs formes (violente, méprisante, sournoise etc). Une réaction d’autant plus efficace que ce citoyen est l’objet d’une désinformation totale sur l’injustice subie par le monde arabo-musulman.


Cette réaction ne s’exprime pas seulement en réponse à des attentats terriblement meurtriers comme ceux du 11 septembre, ceux de Londres ou de Madrid. Cette réaction peut se manifester à l’occasion d’actes de moindre impact mais qui s’incrustent facilement dans le subconscient, amplifiant souterrainement le rejet et la haine.


Il en est ainsi d’un fait récent. Après avoir, des années durant, parcouru en long et en large les sables de la Mauritanie, du Sénégal, du Mali, le rallye de Dakar transportera, à la prochaine éditons, son armada de voitures, son impressionnante logistique, sa fournée de concurrents, en Amérique du Sud. Il parcourra la pampa argentine, les cols andins du Chili. Et il y fera surtout le spectacle, un grand spectacle sportif et surtout médiatique.


Pourquoi envisage-t-il de changer de cap ? Tout simplement de peur d’être pris dans les filets du terrorisme. L’assassinat en Mauritanie d’un petit groupe de touristes français et les menaces proférées par Al-Qaïda ont dissuadé les organisateurs de poursuivre l’expérience africaine.


Il est certain que cette décision laissera un goût amer chez les habitants de ces contrées africaines. Ils y perdront un magnifique support pour leur image dans le monde. Ils y perdront également une source de rentrées de devises. Ils le déplorent, sachant que le rallye ne reviendra pas de sitôt dans le continent noir.


Voilà où mène la bêtise humaine !


 


Abdelmajid CHORFI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com