Les Kosovars et les autres





Encore une fois les Balkans retiennent l’attention du monde entier. Après avoir été la région d’où est partie la Première Guerre mondiale et le théatre de la dernière guerre qu’a connue l’Europe, voilà que les démons des Balkans refont surface avec la proclamation de l'indépendance du Kosovo dimanche dernier. Un nouveau développement qui suscite de nouvelles inquiétudes et interrogations sur l’éventualité d’une énième guerre dans cette région, désormais foyer de tous les troubles.


Des craintes justifiées, surtout que la Serbie peut se targuer d’avoir le soutien de la Russie. Et c’est précisément là que réside tout l’intérêt de cette nouvelle escalade. En effet, tout semble indiquer que cette nouvelle crise a été montée de toutes pièces par l’Occident pour contrer le retour en force de la Russie sur la scène internationale.


D’ailleurs l’empressement des Etats-Unis, de la France et de beaucoup d’autres pays occidentaux à reconnaître cette indépendance est très significatif. Cela dans le sens où l’Europe, qui applaudit, a tout à perdre avec cette indépendance qui peut renforcer le danger du séparatisme dans le vieux continent. Flamands, Catalans, Basques, Corses auront beau jeu de dénoncer le deux poids deux mesures et feront eux aussi en sorte de créer leur propre Etat.


D’autre part, et comme le notent des analystes européens, la situation géographique et la petite taille de cet embryon d’Etat fait que le Kosovo est économiquement invivable et que l'UE va payer les factures. Une facture qui sera lourde et qui sera de toutes façons payée par l’UE.


Un quotidien scandinave écrivait d’ailleurs hier que «les germes d'un nouveau conflit dans l'ex-Yougoslavie ont été semés».


Ce sont les Européens qui ont semé le vent, c’est à eux donc de récolter la tempête. Une tempête qui ne devra pas nous toucher, nous autres Arabes et Africains. Mais elle nous laisse toutefois perplexes devant la façon qu’ont les grands de jouer avec la destinée des peuples pour des considérations stratégiques.


Au fait, nous n’avons rien contre la proclamation d’indépendance d’une entité qu’elle soit Kosovare ou autres. Ils ont peut-être raison de le faire. Mais là où le bât blesse c’est de voir l’Occident applaudir cet élan démocratique qui a mené le Kosovo vers l’indépendance alors qu’on le renie à d’autres.


Le cas le plus frappant est bien sur les Territoires occupés où les Palestiniens, à qui la terre appartient historiquement et civilisationnellement, se voient refuser depuis des décennies le droit de créer leur propre Etat.


Depuis deux jours tout l’Occident tente de faire pression sur la Serbie pour reconnaître le droit à une minorité d’avoir sa propre destinée, alors que personne ne semble s’inquiéter outre mesure du sort de la majorité palestinienne écrasée par les Israéliens.


Il faut dire qu’il n’y a aucun intérêt géopolitique à le faire. Et puis on ne dérange pas Israël pour si peu…


 


M.A.B.R




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com