Jeunes Virtuoses : Un bain de jouvence





La quatrième session dédiée aux talents en herbe s’est étirée, comme d’habitude, sur une bonne semaine à Ennejma Ezzahra. Dès le soir inaugural jusqu’au terme de cette manifestation (avec un record battu de 250 présents au moins),le prestigieux  espace n’a pas désempli.


 


A la clôture, c’était l’indispensable petite cerise sur le gâteau. Le Français, Julien Gonzales a fasciné l’audience avec son accordéon. Quant au Tunisien, Nidhal Jebali, de seulement dix-sept printemps d’art, il a été accompagné au piano par Füsun Regaïeg et il a fait jubiler le monde, le beau monde qui l’a grandement applaudi.     


En détails: Jeunes et moins jeunes, hommes et femmes de chez nous et autres étrangers résidents dans nos murs n’ont pas manqué le rendez-vous avec la musique, la vraie. Pas moins  de 150 personnes, en moyenne par soir. Mais le nombre est beaucoup plus important lors de l’ouverture et de la clôture. Il faut dire que le climat était beaucoup plus clément qu’au milieu.  Chanceux donc ceux qui ont répondu présents à l’invitation de Mourad Sakli, son collaborateur et bras droit  Mounir Hentati et bien-sûr les artistes de la manifestation, venant de divers pays du monde. Pour cette année, l’éventail s’est bien élargi avec tout un lot de nouveautés, grâce à la contribution de plusieurs sections culturelles et diplomatiques étrangères, accréditées en Tunisie. Au total, on compte plus d’une douzaine de concerts de 40 à 50 minutes chacun. On pense ici au Maroc (Rita Saher, piano), à l’Italie (Martina de Lonis, flûte traversière), au Brésil (Henrique Neto, guitare), à la Syrie (Mohamed Fityène, nay), aux Pays-Bas (Jeroen Van Der Wel, violon et Karolinka de Bree au violon), à l’Espagne (Luis Grané, piano), à la Turquie (Nuray Bennia, qanûn et son percussionniste Sakir Ozan Vygan), à l’Allemagne (Florian Saatkamp, trombone et Katrin Illian, piano), à la France, à la Russie et autres nouveaux adhérents. En marge et c’est aussi important que les soirées en duo ou en solo, ce sont les ateliers et les rencontres organisés à l’ISM de Tunis. «Ces rencontres avec des talents de l’instrument, venus d’ailleurs et qui ont pratiquement notre âge, ont leur autre goût. Ceci nous a permis de découvrir une autre palette musicale et de s’enrichir. C’est très bien de s’ouvrir sur l’autre, d’apprendre de lui et en conséquence de lui donner ce que nous avons par-ailleurs de beau chez-nous. C’est cet échange qui fait évoluer les choses et nous évite de se répéter et de stagner», propos recueillis au hasard à l’Institut de l’avenue de Paris à Tunis. 


La manifestation s’est ouverte avec une Sfaxienne de pur jus. Une Abir Ayedi qui affectionne le ûd et ses cordes. Elle  a offert une gerbe de notes signées par les grands de la musique arabe. Avec notamment des extraits de compositions de nos nationaux Zied Gharsa, Mohamed Saada, Anouar Braham et les autres de la région. Comme Khaled Mohamed Ali, Jémil Béchir, Mounir Béchir. «C’est une facture sûre. Elle est jeune et elle a une rare maîtrise de son art. Devant cette talentueuse de 23 ans  un radieux avenir…», d’après les impressions du maître Mourad Sakli en personne. Et d’ajouter que «nous avons comme les Turcs, les espagnols, les brésiliens des jeunes qui promettent».


Pour terminer en beauté, on a tiré les rideaux sur de l’art à la française. Avec un démon de l’accordéon. Le palmarès de Julien Gonzales impressionne. A voir son CV, la liste n’a pas besoin d’autre explication. On dirait que cet ado est passé par plusieurs vies. Des trophées, des médailles, des coupes et des prix à la pelle, ramassés non seulement de sa terre natale mais aussi de plusieurs pays du Nord et du Sud. Nous ne pouvons pas ne pas remercier ici les responsables français qui nous l’on fait découvrir. Son accordéon a valsé en Ukrainien, en sonates, avec fantaisie, en carmencita , en tango et pour finir avec fantaisie, un zeste de fraîcheur et de reconnaissance avec A Night in Tunisia de Gillespie.


Et ce n’est pas tout. Car le moment qui a marqué le plus les fidèles du Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM), était dans la partie rythmée et peaufinée par Nidhal Jebali, qu’on a découvert dans pas mal de manifestations nationales. Comme celles organisées par Lotfi M’Raïhi et son ASCM. Le petit est en train de grandir et de voler avec son violon et de se faire pousser des ailes. Pour parfaire son art chez William Harvey de la Julliard School après ses débuts alors qu’il n’avait que six ans chez Hafedh Makni et plus tard chez son frère Hichem Makni. Quelques voyages de formation en France, en Belgique, aux USA…et ça ne finit pas. Il faut dire que derrière le petit des parents extraordinaires, qui ne cessent de lui faciliter la tâche. Nidhal Jebali peut aujourd’hui parler d’un répertoire. Qui  est déjà bourré de concertos de Mozart, Beethoven, Bruch, Saint-Saëns, Vieuxtemps, Lalo, Mendelssohn, Wieniawsky et autres sonates de génies qui ont marqué les cordes et les claviers des temps classiques et modernes. 


Pour ceux qui ont fait le ratage cette année, pas trop de regrets, car du côté du CMAM, on y a pensé. Il y aura certainement des enregistrements à faire circuler. «Comme la première session où on a fait un CD avec une sélection de meilleurs morceaux. Comme le deuxième rendez-vous gratifié d’un CD double», nous a appris Mounir Hentati avec fierté. Surtout qu’un autre CD de la dernière édition est fin prêt. Il comprend de 10 à 15 minutes de musique sélectionnée en guise de mémoire de ces moments forts de la manifestation. Merci à tous et à la prochaine.


 


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com