Une attaque vise la police à Bagdad : Un «traquenard» sophistiqué





Une explosion qui a tué au moins 15 policiers et soldats mardi soir dans un quartier du sud-est de Bagdad était un "traquenard" parfaitement préparé, ont indiqué hier des sources au sein des services de sécurité.


 


Le Quotidien-Agences


Au moins une trentaine de membres des forces de l'ordre ont également été blessés dans cette explosion dans la banlieue d'al-Obeidi, un des bastions dans la capitale irakienne de la puissante milice chiïte de l'armée du Mahdi, du chef radical Moqtada Sadr.


Des policiers et des soldats avaient en début de soirée mardi intercepté un camion utilisé par des insurgés pour tirer contre des positions américaines. Ils étaient réunis autour du véhicule avec des équipes de démineurs lorsqu'une bombe contrôlée à distance a explosé.


"C'était un traquenard bien préparé", a commenté un responsable du ministère de l'Intérieur, qui a parlé, sous couvert de l'anonymat.


"Vers six heures du soir, quatre roquettes ont été tirées à partir du quartier d'al-Obeidi vers deux bases américaines dans le secteur", a raconté le responsable irakien.


Ces attaques ont été confirmées par le commandement américain, qui a fait état de quatre soldats blessés.


"A 19H00 heures (16H00 GMT), la police a trouvé le camion avec un lance-roquettes à l'arrière et des munitions non explosées. Ils ont appelé une équipe de démineurs", a précisé le responsable du ministère de l'Intérieur.


Une heure plus tard, une cinquantaine de membres des forces de sécurité étaient réunis autour du véhicule, dans un lieu particulièrement dangereux après la tombée de la nuit, en raison de la présence de miliciens chiïtes.


"Alors que l'équipe de déminage s'approchait, des explosifs dissimulés dans le véhicule ceux-ci ont été mis à feu par un système de télécommande, et ont provoqué la déflagration des munitions", a ajouté cette source.


Une source au ministère de la Défense a confirmé le déroulement des événements, et a souligné que l'équipe de déminage n'avait pas encore commencé son travail.


L'attaque à la roquette contre des objectifs américains était la deuxième en 48 heures. La veille, une salve de Katioucha avait visé l'aéroport international de Bagdad et la base américaine voisine, Camp Victory, tuant cinq Irakiens et blessant deux soldats.


Le commandement américain accuse régulièrement des "groupes spéciaux", soupçonnés d'être liés à l'Iran, d'être impliqués dans ces attaques.


Le porte-parole américain à Bagdad, le contre-amiral Gregory Smith, avait déclaré à la presse dimanche que le commandement américain avait noté une recrudescence de l'activité des groupes spéciaux soutenus par l'Iran.


Les "groupes spéciaux" désignent dans le jargon de militaires américains des miliciens chiïtes qui ne respectent pas l'appel à la trêve lancé par le chef radical Moqtada Sadr et qui est suivi par la majorité de ses 60.000 miliciens.


Hier encore, trois soldats américains ont été tués par un piège explosif dans le secteur nord-ouest de Bagdad, a annoncé hier le commandement américain en Irak.


Un communiqué militaire précise que le véhicule sur lequel ils se trouvaient a explosé sur une mine. Par ailleurs, au moins dix personnes ont été tuées et quinze blessées hier dans une attaque suicide dans un marché d'une localité proche de Baqouba, au nord de Bagdad, a indiqué un officier de l'armée irakienne.


Plus tôt dans la matinée, un premier kamikaze s'était fait exploser dans son véhicule dans la localité de Tal Afar, à 80 kilomètres à l'est de Mossoul (nord), tuant une femme et blessant huit personnes, selon le général Najim al-Joubouri et un médecin de l'hôpital de la ville.


Dans d'autres violences, quatre policiers ont été abattus à Mossoul (370 km au nord de Bagdad) alors qu'ils effectuaient une patrouille en voiture, a indiqué un officier sous couvert de l'anonymat.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com