Sécurité sociale : De nouvelles décisions pour renflouer les caisses





Tunis-Le Quotidien


Le ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l’Etranger vient de prendre de nouvelles mesures pour renflouer les deux principales caisses sociales dont les indicateurs financiers clignotent au rouge depuis quelques années.


Outre la création de la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie (CNAM) visant à «soulager» la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale (CNRPS) de la gestion coûteuse  de la couverture santé, les pouvoirs publics ont décidé de lancer une campagne pour sensibiliser les employeurs ne respectant pas leurs engagements vis-à-vis des caisses et lutter contre le «travail au noir».


Des négociations devraient également avoir lieu prochainement entre le gouvernement  d’un côté et l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA) et l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) pour réviser à la hausse l’âge de la retraite. Celui-ci devrait atteindre 63 ans dans une première étape au lieu de 60 ans actuellement en raison notamment de l’augmentation de l’espérance de vie en Tunisie qui est passée de 55 ans en 1975 à 73 ans en 2004.


D’autre part, l’Etat a décidé depuis juillet dernier une augmentation limitée à 1,2% pour les assurés sociaux et 1,8% pour les employeurs des cotisations à la CNRPS, et ce sur trois ans.


Selon une étude réalisée par le département des études de l’UGTT, la situation financière des caisses sociales est déjà inquiétante.


En ce qui concerne la CNRPS qui couvre le personnel de l’administration elle pourrait épuiser ses réserves en 2015 si rien n’est fait pour la  renflouer.


La CNSS qui couvre les salariés du secteur privé connaît un état de déficit depuis l’année précédente.


Les équilibres financiers des deux caisses sociales sont devenus fragiles depuis le début des années 90 en raison  notamment de la baisse continue du nombre des actifs par rapport à celui des retraités.


Le ratio actifs — retraités est actuellement de 3,7 contre 5,3 en 1990, ce qui a entraîné une baisse des revenus et une hausse des dépenses pour les caisses.


Par ailleurs, l’accélération du processus de privatisation accompagné de plans sociaux, la baisse des recrutements dans la fonction publique, la multiplication des régimes destinés aux  catégories à revenu limité et un certain laxisme à l’égard des employeurs refusant d’honorer leurs engagements vis-à-vis des caisses ont été à l’origine  des équilibres financiers fragiles, selon l’étude réalisée par la Centrale syndicale.


 


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com