Washington fait pression sur la Turquie : Partir de l’Irak le plus rapidement possible





* La controverse enfle entre Ankara et Bagdad


 


Alors que la controverse enfle entre Ankara et Bagdad sur l'opération menée par l'armée turque dans le nord de l'Irak contre les rebelles kurdes, les Etats-Unis ont demandé hier  à la Turquie de limiter leur incursion à "une ou deux semaines".


 


Le Quotidien-Agences


L'opération militaire lancée le 21 février devra se mesurer "en termes de jours, voire une ou deux semaines. Mais pas en mois", a déclaré à New Delhi le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, attendu à Ankara pour des entretiens aujourd’hui avec les dirigeants turcs.


Gates a indiqué qu'il s'efforcerait de convaincre ses interlocuteurs turcs que "l'action militaire seule ne résoudra pas le problème du terrorisme pour la Turquie".


"Il y a une place pour les opérations de sécurité, mais elles doivent être accompagnées d'initiatives économiques et politiques (...) Il faut répondre aux problèmes et aux plaintes des Kurdes, dans le cadre d'initiatives pas seulement militaires, afin de trouver une solution sur le long terme", a-t-il dit.


Les Etats-Unis, qui fournissent depuis plusieurs mois des renseignements en temps réel sur les déplacements des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak, ont cependant souligné que leur allié turc s'était à leurs yeux comporté jusque-là de manière "plutôt responsable".


"Nous pensons que la Turquie a le droit de se défendre", avait déclaré mardi soir la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino.


"C'est donc une situation dont, évidemment, personne ne voudrait, mais (...) nous pensons que les Turcs se sont montrés plutôt responsables jusqu'à présent dans la conduite de cette opération", a-t-elle estimé, encourageant les gouvernements turc et irakien à se concerter.


 


Condamnation


Les déclarations américaines interviennent alors que Bagdad a sévèrement condamné l'opération militaire, tandis qu'Ankara faisait valoir son droit à l'autodéfense.


"Le cabinet a fait part de son rejet et de sa condamnation de l'incursion de l'armée turque qui est considérée comme une violation de la souveraineté de l'Irak", a déclaré le gouvernement irakien.


Peu auparavant, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait estimé que l'opération "est le résultat du droit légitime à l'autodéfense".


"La Turquie mène un combat juste contre une organisation terroriste qui menace la paix et la stabilité régionales (...) La Turquie a le droit de se défendre elle-même, d'éliminer ceux qui portent atteinte à la paix, l'unité et la solidarité de ses citoyens", avait-il ajouté.


La Turquie a indiqué qu'elle retirerait ses troupes aussitôt leur mission achevée, mais n'a pas donné d'échéance.


Sur le terrain, des sources de sécurité kurdes irakiennes ont affirmé que les bombardements turcs s'étaient poursuivis dans la nuit de mardi à mercredi.


L'état-major de l'armée turque a indiqué que de fortes chutes de neige avaient "partiellement" empêché la progression de l'opération terrestre, mais que l'aviation et l'artillerie avaient pu poursuivre leurs bombardements.


Le dernier bilan des victimes de l'opération fourni par l'état-major turc fait état de cinq soldats turcs et 77 rebelles.


Dans un communiqué cité tard mardi par l'agence de presse Firat News, considérée comme le porte-voix des rebelles, l'aile militaire du PKK a annoncé la mort de 13 soldats au cours des deux derniers jours, ce qui porte son décompte à 94 soldats et trois rebelles tués.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com