Russie : Ecrasante victoire de Medvedev





Le successeur désigné de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev, a remporté une écrasante victoire à l'élection présidentielle de dimanche en Russie tandis que l'opposition libérale s'apprêtait hier à manifester pour dénoncer une "farce".


 


Le Quotidien-Agences


Le premier vice-Premier ministre, âgé de 42 ans, a obtenu 70,23% des voix, selon des résultats préliminaires quasi-définitifs.


Les télévisions russes d’hier ont diffusé les images du tandem Poutine-Medvedev traversant la Place rouge sous des rafales de neige mouillée avant de prononcer un discours au cours d'un concert de rock en plein air.


"Nous avons toutes les chances de préserver la politique de Poutine. Nous allons aller de l'avant et ensemble nous gagnerons !", a déclaré Medvedev en veste de cuir et jean bleu avec une aisance et une décontraction toutes nouvelles dans les gestes et dans la voix.


"Je félicite Dmitri Medvedev", a pour sa part déclaré Poutine qui ne pouvait pas se présenter pour un troisième mandat consécutif, mais ne quitte pas le pouvoir et se destine au poste de Premier ministre.


Medvedev a laissé entendre que les pouvoirs très forts de la présidence en Russie ne seraient pas à cette occasion réduits au profit de ceux du Premier ministre.


"Le président a ses pouvoirs et le Premier ministre a les siens. Ces pouvoirs ont été établis il y a longtemps et personne ne veut les changer", a dit Medvedev au cours d'une conférence de presse dans la nuit.


"C'est le président qui détermine la politique extérieure en vertu de la Constitution", a-t-il précisé.


A ce sujet, le président élu a prévu d'effectuer sa première visite officielle dans un pays de la CEI (ex-URSS moins les trois Etats baltes).


Hier matin, dès le lendemain de l'élection, un de ces pays, l'Ukraine, a vu réduites de 25% ses livraisons de gaz par le géant russe Gazprom, souvent accusé de servir d'arme à la diplomatie russe. Medvedev n'est autre que le président du Conseil d'administration du géant gazier.


Les trois autres candidats, le communiste Guennadi Ziouganov, l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, et le candidat pro-européen Andreï Bogdanov, très peu visibles dans les médias, ont obtenu respectivement 17,76%, 9,37% et 1,29% des voix.


Le mouvement d'opposition L'Autre Russie de l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov a annoncé une marche de protestation non autorisée à Moscou et une autre autorisée à Saint-Pétersbourg hier sous le slogan "A bas la monarchie et la succession !" et dénonçant "une farce honteuse".


Bourrages d'urnes, observateurs refoulés dans les bureaux de vote ou ouvriers forcés de se rendre aux urnes sous la menace de sanctions : le Parti communiste et une ONG ont fustigé dès dimanche des irrégularités dans le déroulement de l'élection.


Le candidat communiste a annoncé qu'il allait porter plainte devant les tribunaux.


L'élection présidentielle russe n'a pas été "juste" et "libre", a déclaré hier le chef de la seule mission d'observateurs occidentaux présente en Russie, relevant de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), Andreas Gross.


Prague a dit hier regretter les "pratiques restrictives" des autorités russes.

Dmitri Medvedev doit prendre ses fonctions le 7 mai et deviendra le troisième président de la Russie post-soviétique après Boris Eltsine (1991-1999) et Vladimir Poutine (2000-2008).


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com