Les jeunes et la vie active : Tous contre la bureaucratie !





Après avoir réussi leurs études, les jeunes ne pensent qu’à entrer dans la vie active. Certains, préfèrent avancer lentement mais sûrement en choisissant un emploi où ils peuvent se garantir un salaire fixe. D’autres optent pour les fonctions libérales et préférèrent s’installer à leur propre compte… Quelle voie professionnelle privilégient justement les jeunes gens ?


 


Tunis-Le Quotidien


Le souci majeur des jeunes est leur avenir. Sauf qu’ils ne savent pas, paraît-il, dans quelle voie s’engager pour parvenir à leurs fins. Plus un jeune vise haut, plus il est astreint à cravacher dur d’autant plus que la conjoncture implique un grand sérieux pour gagner une place. Les élèves et les étudiants très brillants sont toujours les seuls à mériter et à parvenir à l’excellence. Ils ne se soucient pas de leur avenir puisqu’ils récolteront plus tard les fruits de leur labeur. Toutefois, ce n’est pas évident de trouver un poste alors que le nombre des diplômés est en hausse continue… Cela dit, même si les études sont considérées par certains comme l’unique alternative pour un avenir professionnel assez serein, de nombreux jeunes optent aujourd’hui pour la formation professionnelle qui semble leur ouvrir de nouvelles perspectives. Secteur naguère dévalorisé, l’enseignement professionnel gagne aujourd’hui de plus en plus de galons. Il fait l’objet d’un engouement croissant d’autant plus qu’il permet la formation des compétences nécessaires à l’exercice d’un métier et aussi de dénicher rapidement un emploi. Il permet, également, à certains de s’installer à leur propre compte. D’autres ne rêvent que de créer leur propre projet. Ils pensent que la jeunesse est l’âge propice de se lancer dans l’aventure. «L’ambition dont on n’a pas le talent est un crime», dit Chateaubriand. Certains pensent d’ailleurs que le fait de monter son propre projet est le moyen le plus sûr pour…faire fortune ! Toutefois, le rêve reste légitime ne serait-ce que parce qu’il permet d’aller de l’avant. De plus, l’Etat encourage de telles initiatives des jeunes. Plusieurs formules de prêts sont à la disposition des jeunes promoteurs qui veulent s’installer à leur propre compte. Ils sont toutefois redevables de bien réussir leur étude de projet, d’avoir des idées originales, d’avoir les ressources, l’expérience et les moyens adéquats pour concrétiser leur projet et surtout de croire en leur objectif. …


 


 


Akrem, 20 ans, ne se sent pas du tout fait pour la bureaucratie. Le jeune homme aime se sentir libre comme l’air. «Je pense que personne ne peut donner le meilleur de lui-même s’il ne se sent pas vraiment libre et épanoui. Il est vrai que je n’ai pas encore une idée claire sur ce que je vais faire plus tard, mais ce dont je suis sûr, c’est que je ne suis pas du genre à me soumettre à un horaire administratif, aux ordres de la hiérarchie et encore moins à supporter les fins de mois difficiles sans un rond en poche ! Je veux bouger, être libre de mes mouvements, je ne veux jamais céder à la monotonie. Il n’y a pas pire pour les ambitions que le travail routinier. Je veux être créatif et très actif et rien qu’à l’idée d’être emprisonné dans un bureau la tête au bon milieu d’un fatras de dossiers et de paperasse, je déprime déjà. Et puis, je veux avoir tout le temps de l’argent sur moi. Je m’installerai donc sûrement pour mon propre compte. Il est probable, également, que j’ouvre un commerce mais l’essentiel, c’est que je sois mon unique maître. Toutefois, je me contente pour le moment d’étudier et je laisserai les grandes décisions pour le jour j».


 


Talel, 18 ans, ne croit pas non plus être fait pour la bureaucratie. «Je suis quelqu’un de libre. Il m’est vraiment difficile de me soumettre aux ordres d’autrui surtout si je ne suis pas convaincu. Je crois avoir des qualités de leader. Même si je vais accepter un poste, il va falloir que ce soit moi qui gère et qui dirige une équipe. Mais être guidé, moi ? Franchement, je ne le pourrai pas ! Je préférerai lancer mon propre projet. Mais pour y parvenir, il va falloir que je fasse une étude de marché, que je gagne de l’expérience et que j’aie un fonds propre. Certes, celui qui travaille à son propre compte pourra gagner beaucoup plus, mais il faut également qu’il étudie toutes les éventualités pour ne pas se retrouver endetté et sans aucune couverture. Je crois qu’il faut avoir une connaissance aussi bien théorique que pratique du secteur dans lequel on va s’investir. Il faut également que l’on ne cherche pas à faire des bénéfices rapidement. Les gains se méritent et il faut savoir patienter».


 


Kaïs, 21 ans, est aussi partant pour les fonctions libérales. Le jeune homme pense que nul n’est mieux gouverné que par soi-même. «Je crois que la meilleure chose qui puisse arriver à quelqu’un est qu’il soit seul aux commandes. S’il travaille convenablement et qu’il s’adonne à fond, c’est lui le premier gagnant et s’il se montre paresseux, c’est lui qui perd!. Aujourd’hui, très peu de gens ont une conscience professionnelle. Si on sait qu’en fin de compte on va recevoir un salaire bien déterminé, on ne fera aucun effort particulier. La réussite doit se concrétiser via des promotions, des pourcentages, des primes et des motivations. C’est le challenge ! Tout le monde fera des sacrifices et des efforts supplémentaires pour gagner plus. C’est la raison pour laquelle je préfère travailler pour mon propre compte et je saurai comment récompenser les personnes les plus méritantes pour les motiver davantage».


 


Riadh, 20 ans, est du genre aventurier et fonceur. Le jeune homme ne se voit pas assis devant un bureau à attendre une promotion qui ne viendra probablement jamais. «Le genre de vie où je suis confortablement assis sur une chaise jusqu’à mes soixante ans, ce n’est pas fait pour moi ! J’ai horreur de la bureaucratie. Je serai coincé dans mon complet et étouffé par une cravate, j’aurai un gros ventre et des varices dans les jambes. Trop triste comme vie ! J’entrerai jeune et plein d’ambition et j’en ressortirai vieux sans sentir que j’ai accompli quelque chose. Je veux un travail de terrain qui me permettra de bouger, de me sentir vivant, actif et plein d’ambition. Je sais que le fait de monter un projet et de m’installer à mon propre compte est un risque, mais j’adore l’aventure. Je serai toujours en train de rechercher une idée nouvelle et je serai créatif et éveillé. Au début, il faut y aller mollo. Ceux qui échouent sont justement les craintifs, toujours sur la défensive. Moi je suis fonceur et je sais que j’ai quelque chose dans le ventre. Il va falloir que je sache voir juste et que sache choisir le moment opportun pour me lancer. Il est préférable, toutefois, d’acquérir d’abord de l’expérience avant de voler de mes propres ailes. Mais une fois lancé rien ne m’arrêtera. Les obstacles et les embûches ne feront que stimuler mon désir de challenge», dit-il.


 


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com