Les jeunes et la période des examens : Un handicap, le stress à la maison…





Depuis quelques jours, les élèves passent des devoirs dans le cadre de la semaine bloquée. Certains se privent de tout pour réussir leurs examens. D’autres se contentent de jeter un coup d’œil sur leurs cours la veille du devoir… Et entre les uns et les autres, il y a ceux qui se sentent surmenés. Et la goutte qui fait déborder le vase, c’est le stress à la maison… Comment les jeunes vivent-ils justement cette période d’examens ?


 


Tunis-Le Quotidien


Les examens sont très importants à plus d’un titre. Les devoirs sont une forme d’évaluation des capacités d’assimilation de l’élève. Ce dernier est censé aller en classe avec une prédisposition pour apprendre. Il doit savoir qu’en classe, il est redevable d’être attentif, de participer et de répondre aux questions. De même, un élève doit savoir que son travail va être régulièrement jugé et évalué. Les examens permettront à tout élève d’évaluer son véritable niveau et de découvrir ce qu’il a appris. Les notes ou les appréciations données par les enseignants doivent fournir des repères à l’élève pour qu’il se situe et pour qu’il évalue ses progrès et ses difficultés. Un élève autonome, sérieux et assidu sait gérer ses cours et corriger ses lacunes. Conscients de l’importance des études, certains élèves passent leur vie scolaire au-devant de la scène. Durant la période des examens, ils redoublent d’efforts pour réussir, et ce, même s’ils sont à jour. Finies la télé, les sorties et les heures interminables à rester branchés sur le net. Ce qui compte le plus pour eux, c’est d’avoir de bons résultats. Et pour y arriver, ils sont capables de tout laisser en instance jusqu’à ce qu’ils finissent leurs derniers devoirs. Toutefois, ce genre de rythme risque de surmener l’élève surtout si on le stresse à la maison. D’autres continuent de vivre normalement leur vie même durant la période des examens. D’abord, ils sont à jour. De plus, ils bénéficient chez eux d’une atmosphère saine qui les aide à avoir un bon rendement et qui leur permet de réviser dans les meilleures conditions. Mais certains, en revanche, sont incapables de consacrer leur temps seulement aux études, aux révisions et aux examens. Il leur est impossible de faire passer les études avant les choses qui leur font plaisir. Ils se contentent de piquer un sprint la veille de l’examen… Mais cela n’est pas payant lorsqu’on a accusé un grand retard.


 


Hédi, candidat au bac de 21 ans, se dit incapable d’être à jour. Le jeune homme a pris l’habitude de se concentrer en classe pour bien assimiler ses cours. Quant aux révisions, il se contente de doubler d’effort juste avant les examens. «Je reconnais ne pas être du genre vraiment bosseur. A vrai dire, je compte toujours sur mon intelligence beaucoup plus que sur la quantité de travail. Je fais toujours en sorte de bien être concentré en classe. Cela me permet déjà d’épargner beaucoup de temps. Lorsque les examens approchent, j’essaye de travailler plus, mais je dois reconnaître que je n’y arrive pas facilement. Je me suis habitué à travailler sous pression. En dehors des périodes d’examens, je ne carbure pas à fond. C’est un très mauvais réflexe parce que lorsque je dois vraiment travailler dans un temps très limité, je panique, je n’arrive pas à tenir et je m’essouffle. Et ce qui me rend la tâche encore plus difficile, c’est qu’à la maison il y a vraiment une forte tension. Mes parents me stressent vraiment beaucoup. Cette année, je passe mon bac et je ne peux plus me permettre de ne plus être à jour. Quoi que je fasse, je n’arrive pas à tout réviser et suis toujours en retard! Durant la période des examens, mes parents me font un sermon s’ils me voient ouvrir la télévision ou encore si je m’aventure à sortir faire un tour. Ils veulent que je me consacre entièrement aux révisions. Or, auparavant, ils ne m’ont jamais aidé à être à jour. Il m’est impossible de changer totalement de rythme de vie parce que je passe le bac. J’aimerais tant pouvoir rester à mon bureau pour travailler des heures d’affilée, mais je n’arrive vraiment pas à assimiler. Je me sens très vite essoufflé et débordé. Bref, je fais de mon mieux pour être prêt le jour «J». Mais en ce qui concerne les examens, je ne sens pas avoir donné le meilleur de moi-même».


 


Fahmi, candidat au bac de 20 ans, dit aussi que l’ambiance à la maison est beaucoup trop stressante. Le jeune homme estime que les parents doivent comprendre qu’un rythme de travail non-stop n’arrange pas les choses. «Lorsqu’on se réveille le matin sur les sermons et les leçons de morale, il est évident qu’on va totalement rater son examen ! Dès que la période des examens approche, mes parents se mettent à tout m’interdire : télé, sortie, web, communications téléphoniques, tout quoi ! On se croirait dans une caserne! Certes, je comprends qu’ils se soucient de mon avenir et que j’ai une obligation de résultat, mais cela ne veut pas dire que je dois cesser de vivre… D’autant plus que je suis incapable de passer des heures et des heures à réviser sans respirer ! Je ne suis pas du genre très à jour. Je travaille selon mon humeur. Il m’arrive de me sentir disposé à travailler et me donner à fond, mais certains jours, je suis complètement hors du coup! Et les parents ne comprennent pas cela. Il suffit qu’ils me voient quitter mon bureau pour qu’ils se mettent à me rappeler que je passe le bac, que c’est tout mon avenir qui en dépend et tout le tralala. Or, je peux très bien ne pas quitter mon bureau sans pour autant apprendre un seul mot ! Si je sens le besoin de prendre l’air, c’est que je me sens vraiment incapable d’assimiler un autre mot de plus. Après tout, il s’agit de mon propre avenir et c’est moi qui me soucie le plus de la réussite».


 


Rehouma, 18 ans, semble vivre la même ambiance chez lui. Toujours sous pression, le jeune homme semble passer ses examens dans une atmosphère vraiment stressante et très tendue. «Lorsque j’ai des devoirs à passer, mes parents m’interdisent de regarder la télé, de sortir, voire de rester une petite seconde sans mes fiches de révision à la main ! Je sais bien qu’ils essayent de m’encourager à réviser, mais ce n’est pas là la meilleure façon qui va me pousser à travailler. A vrai dire, cela ne me donne plus aucune envie de bosser. Il faut dire que j’ai également des choses à me reprocher parce que je ne suis pas à jour. Lorsque je laisse traîner les choses, il est tout à fait normal que je me sente bousculé et que les parents me mettent de la pression. Mais j’aurais préféré qu’ils me stressent en temps normal pour que je prenne l’habitude d’être à jour au lieu de me stresser uniquement en période d’examens», dit-il.


 


Hichem, 17 ans, est le seul qui travaille à l’aise. A jour, le jeune homme ne se sent pas stressé. «En période d’examens, comme en temps normal, mes parents ne me stressent pas. J’ai toujours travaillé à l’aise. Il faut dire qu’un élève est redevable d’être à jour et d’évaluer de manière permanente et continuelle ses connaissances. Il est impossible de ne pas être sous pression si on se contente de réviser juste la veille des examens. Un examen se prépare durant trois mois et non pas durant les quelques jours qui précèdent les devoirs. Certes, il m’arrive parfois de passer par des moments de paresse et j’accumule donc un certain retard. Mais je fais en sorte de récupérer au plus vite justement pour ne pas me sentir bousculé et stressé durant la période des examens. En outre, lorsque mes parents me voient en train de travailler assidûment, ils ne me mettent pas de pression. Lorsque je passe des examens, je continue à travailler normalement. Je me permets donc de continuer à vivre normalement, à sortir, à voir les copains, à regarder la télé et mes parents n’y voient aucun inconvénient», dit-il.


 


Abir CHEMLI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com