Au grand dam des pays consommateurs : L’Opep maintient sa production





Le Quotidien-Agences


L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a maintenu sa production hier lors de sa réunion à Vienne, opposant ainsi une fin de non-recevoir aux pays consommateurs qui lui demandent de pomper plus pour calmer la flambée des prix du brut.


Le ministre saoudien du Pétrole, chef de file de l'Opep, a indiqué qu'il ne voyait pas la nécessité de modifier la production du cartel, attribuant la flambée des prix à une spéculation gigantesque.


Et selon son homologue libyen Choukri Ghanem, il y a un consensus à ce sujet au sein du cartel, ajoutant: "il n'y a rien besoin de faire maintenant".


"Non, je ne vois pas" de changement de production, a renchéri le nigérian Odein Ajumoobia, à la fin de la réunion.


Les 12 Etats membres soumis aux quotas produisent actuellement 29,67 millions de barils par jour (mbj) et 32 millions en incluant l'Irak, non soumis à un quota.


Le président américain George W. Bush, inquiet des répercussions économiques en raison d'un baril à quelque 100 dollars, a estimé mardi que l'Opep ferait "une erreur" en n'augmentant pas l'offre de brut.


La veille, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avait également appelé le cartel à agir pour calmer les prix.


Mais les ministres de l'Opep répondent que le marché pétrolier est suffisamment approvisionné et que les prix élevés sont dus à la faiblesse du dollar contre laquelle les investisseurs se couvrent en achetant massivement des contrats à terme pétroliers, ainsi qu'aux troubles géopolitiques et aux insuffisances des capacités de raffinage dans le monde.


En outre, les stocks pétroliers sont en hausse depuis sept semaines aux Etats-Unis, un argument supplémentaire pour ne pas pomper plus, d'autant que le cartel craint une baisse de la consommation avec la fin de l'hiver et le ralentissement économique américain.


"L'économie mondiale entre dans une période de croissance plus lente (...) ce qui entraîne beaucoup d'incertitudes dans le monde du pétrole, d'autant que beaucoup d'institutions ont commencé à réviser à la baisse leurs prévisions de demande pétrolière", a dit Chakib Khelil dans son discours d'ouverture de la réunion.


Certains pays, le Venezuela et l'Iran mais aussi l'Algérie, sont même en faveur d'une baisse de production pour empêcher les prix de chuter si la baisse de la demande devait s'accélérer.


Mais, avec un baril à quelque 1OO dollars, une telle décision est politiquement difficile, comme l'a admis Chakib Khelil.


Certains pays membres de l'Opep ont aussi peu intérêt à sacrifier des barils, alors que les prix records dopent leurs revenus.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com