Centre de Jradou de gestion des déchets industriels dangereux : Un passage obligé pour une industrie «écologiquement correcte»…





Demeurant jusqu’ici le point faible de la politique environnementale nationale, les déchets industriels ont toujours eu des conséquences écologiques très néfastes. Mais cette situation est sur la voie de changer. Réalisé dans le cadre de la coopération avec l’Allemagne, le Centre de gestion des déchets industriels toxiques doit permettre de mettre un terme à cette atteinte à l’environnement, tout en aidant les industriels tunisiens à devenir plus compétitifs en étant écologiquement corrects…


 


Tunis-Le Quotidien


Suite à une politique économique qui a privilégié durant plusieurs décennies l’activité industrielle, la Tunisie se trouve aujourd’hui face à une augmentation sans cesse croissante du volumes de ses déchets. La situation a nécessité une intervention urgente, vu les polluants très dangereux dissimulés dans les déchets rejetés par les unités industrielles et qui commencent à alourdir la facture de la dégradation de l’environnement de notre pays. Cette nouvelle donne économico-écologique a imposé la mise en place d’un plan d’actions spécifique qui garantit à la Tunisie une croissance industrielle qui respecte les exigences écologiques .


La réalisation du Centre de traitement des déchets industriels à Jradou (gouvernorat de Zaghouan) vient, en effet, concrétiser cette volonté. En attendant que l’unité entre en service au cours de la deuxième moitié de cette année, les autorités comptent beaucoup sur les industriels pour qu’ils s’inscrivent dans cette démarche de gestion durable de leurs déchets. A cet effet, le ministère de l’Environnement et du Développement durable a programmé plusieurs actions de sensibilisation devant cibler les concernés par la problématique des déchets industriels. C’est dans cette même optique et pour faire connaître les spécificités et les composantes du projet que les journalistes ont été invités, lors d’une visite guidée, à découvrir les différentes unités du projet qui est, d’après M. Mounir Ferchichi, directeur général de l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGED), «le premier en son genre dans toute l’Afrique».


Le directeur de l’ANGED, qui a présenté à cette occasion les grands axes de la stratégie nationale en ce qui concerne la gestion des déchets, a fait remarquer que la Tunisie dispose aujourd’hui d’un dispositif très performant en ce qui concerne la gestion des déchets. «Grâce au programme d’intervention qui a touché les décharges et auquel a été consacré un budget de 100 millions de dinars, 90% de ces déchets domestiques sont aujourd’hui gérés dans des décharges contrôlées». Le responsable a souligné que la Tunisie produit chaque année environ 2 millions de tonnes de déchets domestiques. La performance environnementale réalisée par notre pays dans le domaine de la gestion des déchets s’est avérée en fait très importante puisqu’elle a été un argument fort pour gagner la confiance des bailleurs des fonds pour le financement des nouveaux projets dans le domaine. «Le centre de Jradou pour la Gestion des déchets industriels dangereux a été financé par la banque allemande de développement (KWF)», indique M. Ferchichi.


Concernant la capacité de traitement, le directeur de l’ANGED a précisé que, dans une première étape, l’unité sera capable de traiter 80 mille tonnes par an. La liste des déchets concernés comporte aussi bien les déchets industriels liquides que solides, ainsi que les produits dangereux (répertoriés par le décret n°2000-2339, paru au Journal officiel du 10/10/2000).


Il faut noter que jusqu’ici les déchets industriels en Tunisie, dont la quantité s’élève à 150 mille tonnes, sont très souvent éliminés dans des décharges sauvages ou encore dans des points noirs et dans les cours d’eau. Sans aucun traitement ni contrôle. Ce qui engendre de graves conséquences aussi bien pour la santé publique et l’environnement que pour l’avenir des activités socio-économiques.


Ainsi, et outre son impact environnemental, le Centre représentera une grande opportunité pour la mise à niveau du secteur industriel tunisien qui est appelé à répondre aux nouvelles exigences de la compétitivité qui accordent une importance grandissante au volet écologique.


S’agissant de l’entrée en service de cette station de Jradou, elle devrait se faire «au plus tard dans 8 mois», devait noter le directeur de l’ANGED. On apprend, dans le même cadre, que l’Agence Nationale de Gestion des Déchets a lancé un appel d’offres international pour sélectionner les opérateurs spécialisés, auxquels sera confiée l’exploitation du centre de Jradou ainsi que celle des trois installations de réception, de stockage et de transfert (IRST), qui devraient opérer à Bizerte, à Sfax et à Gabès.


 

Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com