Le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz : La guerre d’Irak, plus chère que le Vietnam et la Corée





L'ancien Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz estime que la guerre en Irak pourrait coûter trois mille milliards de dollars aux Américains et qu'elle a, d'ores et déjà, dépassé le coût du conflit au Vietnam.


 


Le Quotidien-Agences


La guerre en Irak va coûter au moins trois mille milliards de dollars aux Américains, selon le Prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz, qui vient de co-publier, lundi 10 mars, un ouvrage sur ce sujet.


D'après le livre intitulé "La guerre à trois mille milliards de dollars", co-écrit par Joseph Stiglitz et Linda Bilmes, professeur à Harvard, "le coût des opérations militaires américaines - sans prendre en compte les dépenses à long terme comme les soins aux vétérans - dépasse déjà le coût de la guerre du Vietnam, longue de 12 ans, et représente plus du double de ce qu'a coûté la guerre de Corée".


Cette estimation est nettement supérieure à celle du Bureau du budget du Congrès américain (CBO), qui estime que les dépenses liées aux guerres menées par les Etats-Unis atteindront entre 1.200 et 1.700 milliards d'ici 2017.


Après cinq ans de guerre en Irak, les dépenses courantes américaines consacrées à la guerre devraient s'élever à plus de 12,5 milliards par mois en 2008, contre 4,4 milliards en 2003. Avec la guerre en Afghanistan, ce total atteint 16 milliards mensuels, soit le budget annuel de l'ONU, font valoir les auteurs.


Joseph Stiglitz et Linda Bilmes calculent que mille milliards de dollars, soit un tiers du coût total estimé de la guerre, auraient pu financer la construction de 8 millions de logements, le recrutement de 15 millions de professeurs, les soins de 530 millions d'enfants, des bourses d'études pour 43 millions d'étudiants, et une couverture sociale aux Américains sur les cinquante prochaines années.


D'après les auteurs, l'administration Bush omet de prendre en compte dans son calcul plusieurs éléments cruciaux: bonus offerts pour attirer et conserver des recrues dans l'armée, coût de la couverture santé des vétérans et des pensions versées aux familles endeuillées, renouvellement des équipements sur le terrain, etc.


 


Un conflit au cœur de la flambée du prix du baril


Au niveau macro-économique, le livre insiste sur le coût des intérêts des emprunts relatifs aux dépenses engagées pour la guerre, et intègre dans ses calculs l'impact du conflit en Irak sur la flambée des prix du pétrole, alors que le baril est passé en cinq ans de 25 à 100 dollars.


Sur ces 75 dollars de hausse, Joseph Stiglitz attribue 5 à 10 dollars à la guerre. Une estimation qu'il juge néanmoins conservatrice, mais qui suffit à démontrer qu'une guerre n'est pas toujours bonne pour l'économie.


"Ces chiffres nous semblent être exagérés", et les auteurs du livre "prennent en compte tout et n'importe quoi" dans leur calcul, a réagi, le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell, en évoquant l'ouvrage.


"Le Pentagone a été extraordinairement transparent sur ce qu'il sait du coût de la guerre", a-t-il assuré.


Selon les chiffres cités par le département de la Défense, 527 milliards de dollars ont été alloués de septembre 2001 à fin décembre 2007 au financement de la guerre contre le terrorisme, dont 406,2 milliards à la guerre en Irak, 92,9 milliards à la guerre en Afghanistan, et quelque 28 milliards à la sécurité nationale.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com