Un acte patriotique…





Il grimpe, il grimpe, le pétrole et il n’a pas du tout l'intention d’arrêter sa course folle vers des sommets qui donnent proprement le vertige et la chair de poule. Le prix du baril de brut caracole, en effet, ces derniers jours, à 109 dollars et cette flambée spectaculaire des cours de l’or noir sur le marché international est bien partie pour s’installer dans une durée indéterminée. Exception faite des pays producteurs qui engrangent de faramineux dividendes grâce à cette manne providentielle, tous les autres végètent dans une terrible  galère et  tirent le diable par la queue.


Corrélativement à cette flambée inédite du pétrole, le prix des autres produits s’est inscrit inéluctablement et fatalement sur une courbe ascendante.


Normal, pour produire de l’électricité et alimenter les industries, il faut  recourir nécessairement à l’énergie fossile, comme c’est d'ailleurs le cas dans de nombreux pays où le nucléaire n'a pas fait encore son apparition. Dans ces pays qui subissent les coups de boutoir en continu de l’or noir, la réalisation des objectifs de développement dans cette conjoncture particulièrement difficile, marquée par la montée des incertitudes, relève du parcours du combattant, dans le sens guerrier du terme.


Ça et là, la sonnette d’alarme est tirée contre la consommation démesurée, et l’économie d’énergie a été promue au rang de priorité absolue. Le développement des énergies renouvelables s’est imposé comme une nouvelle voie  à explorer et exploiter à bon escient pour briser le joug de la dépendance vis-à-vis du pétrole.


L’avenir apprivoisé ? Il s’en faut de beaucoup, car la crise, avec  ses effets pervers, est loin d’être dans le rétroviseur. N’ayons pas peur des mots, le plus dur est à venir et il va falloir redoubler d’effort, de créativité et d’ingéniosité pour trouver les meilleures parades pour sortir de l’ornière avec le moins de dégâts possibles.


Force est de reconnaître à ce propos que la stratégie mise en place en Tunisie, pour calmer les ardeurs énergivores des foyers de surconsommation, commence à donner ses fruits et a permis d’économiser quelque 400 MD. La tendance est certes encourageante mais beaucoup reste à faire, tant il est vrai que l’économie d’énergie est une œuvre de longue haleine. Une œuvre éminemment nécessaire, voire vitale pour l’économie nationale qui interpelle, en fait, tous les Tunisiens.


Dans les entreprises publiques et privées, les administrations, les usines et autres ménages, l’économie d’énergie doit devenir un réflexe et la  pierre angulaire d’une nouvelle mentalité.


C’est un impératif de la plus haute importance auquel on ne saurait se dérober au regard des enjeux incommensurables qu’implique, de fait, le renchérissement insupportable des cours du pétrole. En un mot, l’adhésion sans réserve des Tunisiens à cette stratégie est un acte patriotique de premier plan et un haut fait dans cette dure bataille que livre notre pays aux aléas et aux vicissitudes de cette conjoncture mondiale déconcertante...


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com