Abdellatif Kéchiche : Le Sacre du printemps





Pour tout le bouquet de succès qu’il vient de récolter ces derniers temps et d’un festival à un autre de l’autre côté de la rive méditerranéenne, notre Abdellatif Kéchiche national a mérité l’attention et les distinctions du Président de sa terre natale. L’Ordre National du Mérite, il le vaut si bien, Monsieur le cinéaste.


 


Onze heures pile, il faisait beau hier sur Tunis. Très beau même et il y avait foule au ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine. Et pour cause. Le ministre de tutelle, Monsieur Aziz Ben Achour vient de décerner l’Ordre National du Mérite au cinéaste franco-tunisien, Abdellatif Kéchiche. C’était en présence du cortège officiel qui peuple le bâtiment colossal, en bleu et blanc de la kasbah et de bon nombre des membres de la famille artistique en général et cinématographique en particulier de chez nous.


«Il s’agit bien de la volonté de notre Président, toujours attentionné par ce que font nos artistes. M. Kéchiche nous a honorés, non seulement par «La Graine et le Mulet», son film fétiche de l’année qui a collectionné un panier de prix et une corbeille de Césars et de lauriers de par les festivals du monde, mais qui continue à faire un tabac dans les salles européennes avec des records dans les entrées. Et ce n’est pas tout. Car, le cinéaste a brillé aussi dans d’autres travaux. Nous pensons ici à La Faute de Voltaire et l’Esquive. Ce bricoleur de films à succès, on le connaît déjà. Il  a notamment participé dans des films tunisiens de pur sang en incarnant des rôles divers et en excellant dans le jeu», a précisé le ministre Ben Achour avant de céder la parole au lauréat.


«Je suis très fier de cet honneur. En fait je ne m’attendais pas du tout de voir tant d’invités présents autour de moi. Je suis encore sous l’effet de la surprise et je ne fais que promouvoir une culture qui m’est chère. C’est d’exprimer notre façon de rire, d’aimer, de pleurer. C’est notre côté d’humanité que je tente de mettre en relief. D’un autre côté, je suis et je reste toujours grandement sensible à notre sol. Et c’est pour cette raison que j’ai choisi après 40 ans de vie à l’étranger de m’installer en grande partie ici. C'est-à-dire  parmi vous. Afin de pouvoir me ressourcer le plus dans mon identité», a dit le cinéaste avec un sourire timide à l’égard de l’assistance qui l’a longuement applaudi. Les photographes, eux aussi, l’ont bombardé de leurs flashes afin d’éterniser sur les albums du film tunisien, les instants de gloire.  


Décidément, tout le bonheur cette semaine est dédié au 7ème Art et à un autre enfant (le grand frère dans le cinéma) du pays. La veille, Monsieur Aziz Ben Achour a reçu dans son cabinet une autre grosse pointure qui n’est autre que le producteur de cinéma tunisien Tarak Ben Ammar. L’entretien, nous l’imaginons, a porté sur les moyens de la promotion de l’industrie cinématographique dans nos murs, ainsi que sur la recherche de moyens nouveaux pour  consolider son rayonnement sur le plan international et surtout faire connaître et découvrir davantage les spécificités culturelles et autres de civilisation aux divers peuples du monde. Des projets dans l’air du temps et qui ne vont pas tarder à annoncer leurs couleurs.


 

Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com