Le lourd fardeau irakien





La visite inopinée du vice-président américain Dick Cheney à Bagdad intervient à un moment  où la violence est à son apogée. Elle coïncide avec une attaque meurtrière qui a fait plus d’une quarantaine de morts. Pour lui, l’intervention américano-britannique de 2003 avait été "couronnée de succès". Le second responsable de la Maison-Blanche a en outre émis le souhait de voir l'Arabie Saoudite, l'Egypte et ses autres alliés arabes établir une présence diplomatique en Irak en ouvrant des ambassades à Bagdad.



Mais de quel succès parle-t-il ? Les centaines de milliers de victimes et de disparus, les millions de déplacés, le nombre bouleversant de sans-abri et de citoyens privés des conditions élémentaires pour une vie digne semblent compter pour rien pour lui et pour ses pairs.


Selon le dernier rapport d’Amnesty International, la situation est des plus préoccupantes. De même, le Comité International de la Croix-Rouge mentionne, dans son rapport, publié à l’occasion du cinquième anniversaire de l’invasion militaire en Irak que la situation humanitaire dans la plupart des régions reste parmi les plus critiques de la planète.


De plus l’appel lancé par le vice-président américain dans ce contexte aux pays arabes de rétablir les relations diplomatiques avec Bagdad ne constitue pas la solution idoine pour le retour de la paix et de la sécurité dans la région.


En fait, le retour au calme est tributaire d’une solution radicale, à savoir la fin de l’occupation. Il est clair pour le moment qu’une telle approche ne relève point de l’envisageable quand on saisit les enjeux en perspective et les intérêts stratégiques en jeu.


Par sa proposition, le vice-président américain entend impliquer les pays arabes dans un processus pour lequel la plupart d’entre eux, n’ont pas été consultés et, dans ce contexte, alléger un tant soit peu les difficultés endurées par l’armée la plus puissante de la planète.


Le fardeau irakien est de plus en plus menaçant  et risque de contraindre l’administration Bush à revoir sinon à reporter certaines échéances cruciales se rapportant à la reconfiguration de la région du Moyen-Orient.


 


Lotfi TOUATI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com