Hécatombe





4.000 GI’s ont été tués en cinq ans de guerre en Irak. Un bilan des plus dramatiques pour les Américains qui ont cru, en envahissant ce pays, que leur appareil militaire, l’un des plus puissants au monde, n’aura aucun mal à mater toute velléité de résistance.
Un lourd bilan qui prouve encore une fois, si besoin est, la déroute américaine en Irak où des hommes et des femmes nettement sous-armés mènent chaque jour le combat pour la libération de leur pays de l’occupation.
Jamais depuis le Vietnam, les Américains n’ont perdu autant de «boys». Des pertes qui font controverse aux Etats-Unis où le fait de perdre le moindre soldat est senti comme une tragédie.
4.000 tragédies, pourquoi ? Est-ce pour retrouver les prétendues armes de destruction massive que tout le monde sait maintenant qu’elles n’ont jamais existé ? Est-ce pour apporter la démocratie, celle qui a allumé l’étincelle d’une guerre interconfessionnelle ? Ou bien est-ce pour les poignées de dollars que l’administration Bush pensait récolter en faisant main basse sur le pétrole.
Rien en fait ne justifie un tel sacrifice pour les Américains dont seul Bush en porte la responsabilité aussi bien pour avoir pris la décision de mener cette guerre mais aussi pour avoir insisté à la continuer.
Cela est d’autant plus vrai qu’on oublie souvent que la guerre lancée par Washington en mars 2003 a fait des dizaines, voire des centaines de milliers de morts irakiens.
Aucune comptabilité précise n'existe sur le bilan des victimes irakiennes de ce conflit et cette question est d’ailleurs rarement évoquée. Mais les évaluations font état de 80.000 à plus d'un million de morts civils directement liés à la guerre.
Dans ce cas, pourquoi doit-on se soucier de 4.000 soldats américains tués et non pas des centaines de milliers d’Irakiens massacrés ? Ces mêmes Irakiens qui n’ont rien demandé, sauf peut-être de vivre en paix.
Une injustice que ressentent aujourd’hui non seulement les Irakiens, mais tous les Arabes et les esprits libres pour qui la vie d’un Irakien vaut autant que celle d’un Américain.
Espérons, au moins, que ce chiffre symbolique des 4.000 GI’s tués donnera matière à penser au prochain gouvernement américain pour qu’on en finisse une fois pour toutes avec cette hécatombe.

M.A.B.R.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com