Le grand échiquier





L’abandon par l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud  Abbas, de l’accord signé entre le Fatah et le Hamas constitue véritablement une décision politique qui risquerait de compliquer sérieusement la situation dans la région. Les espoirs de tous ceux qui s’attendaient à la fin de la tension entre les frères palestiniens sont partis en fumée.


Rien ne laissait entrevoir une volte-face d’une telle envergure mais la prise d’une telle décision ne relève pas du hasard.


 Il est évident que la pression de l’Administration Bush et celle du gouvernement israélien se placent derrière le blocage de la situation. Les déclarations publiques de responsables israéliens et américains ne laissent aucun doute sur les raisons d’un tel revirement.


Un responsable israélien a affirmé sous couvert de l’anonymat que «Mahmoud Abbas doit décider s'il veut poursuivre les négociations avec Israël ou s'il veut renouer une alliance avec le Hamas, car il ne peut pas avoir les deux à la fois». Qui plus est, les responsables israéliens ont prévenu que les négociations (sic) seraient immédiatement gelées si le Hamas et le Fatah s’entendent pour constituer un nouveau gouvernement. Drôle de logique apparemment. C’est comme si les Palestiniens sermonnent Ehud Olmert pour rompre des alliances avec l’un des partis politiques israéliens. Le clan des faucons a fini par avoir gain de cause et contraindre ainsi l’Autorité palestinienne à renoncer à l’accord tant espéré par les protagonistes.


Il semblerait que le statu quo actuel joue pleinement l’intérêt des Israéliens mais aussi celui des Américains. En effet toute la région du Moyen-Orient constitue le grand échiquier de l’administration Bush qui, à chaque fois, a su tirer les ficelles au moment opportun pour forcer le report d’une échéance importante (les élections au Liban à titre d’exemple) ou pour appeler, sans retenue aucune, les pays arabes à boycotter tout bonnement le Sommet arabe prévu à Damas à la fin de ce mois. Il n’échappe à personne que l’objectif stratégique de l’administration Bush vise la sécurisation de la manne pétrolière et celle de l’Etat hébreu et ce à travers l’élimination des menaces, de son point de vue, qui pèsent sur la région en l’occurrence le programme nucléaire iranien.


 Les Palestiniens de toutes obédiences ont plus que jamais besoin de savoir répondre au chantage et d’unir leurs efforts, en regardant dans la même direction, pour parvenir à une solution finale et mettre fin ainsi à la souffrance d’une large frange de la population.


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com