Vu à la télé : Des perles…et des coquilles





Sur notre petit écran, on voit un peu de tout. Il y a du bon et du moins bon. Et pour juger les émissions proposées par nos jeunes et moins jeunes animateurs (et animatrices), il vaut mieux faire un petit effort pour voir comment ça se passe du début jusqu’à la fin avant d’en tirer des conclusions. Les bonnes s’il vous plaît ! Sinon s’abstenir…


 


«Depuis quelques semaines, nous avons constaté (et nous en sommes si fiers) qu’enfin, on commence timidement (et c’est très bien qu’on commence déjà et on fait entorse aux rituels) à rapporter les choses vraies de la vie du citoyen. Une série de reportages tirés de la rue et des rencontres réunissant autour d’une même table, des spécialistes dans un quelconque sujet. Ils s’y mettent sans aucune crainte, face à face dans un franc parler», des propos recueillis au gré du hasard.


Ce constat est, à notre avis, assez  vrai. C’est un bon début. Avec le temps, ceci deviendra tout naturellement banalisé et nous allons nous familiariser rapidement à ce tournant. Les téléspectateurs se sentent concernés et ils s’accrochent de plus en plus à quelques pages sportives (ici Hannibal TV vole à tout le monde la vedette), sociale (encore Hannibal TV), culturelle (ces derniers temps nous tirons notre chapeau pour Canal 21 qui ne tourne plus autour du pot et qui braque ses projecteurs sur le plus vif des sujets d’actualité)), économique et politique .


Dans le lot, il y a donc quelque chose à apprécier et qui retient nos hommes et nos femmes pour ne plus zapper et aller ailleurs respirer de l’oxygène pur et frais…


- Dimanche dernier sur la chaîne privée, Hannibal, la rencontre avec le réalisateur Abdellatif Ben Ammar nous a saisis. Dans «l’Artistou», il y a beaucoup de belles choses à découvrir sur l’expérience de l’invité de Houda Ben Amor. Mais là où le drap est entaché, c’est quand on a fait passer quelques séquences du film «Chant de Noria» et qu’on l’a pris pour Making off de Bouzid. L’émission n’est pas diffusée en direct et on aurait dû revoir la copie avant d’induire les téléspectateurs en erreur. C’est quand même flagrant…


- Le lendemain lundi au soir, on s’est baladé sur Canal 21. L’émission «Face à Face», passée en différé, était un véritable bonheur. Nous avons aimé le sujet, l’homme de la soirée et sa franchise, ainsi que le modérateur (et pas les deux modérateurs). Il y a un qui n’a fait que répéter les questions et agressivement, contrairement à l’autre qui s’est élégamment préparé pour «affronter» et faire «avouer» son invité. On était devant Ali Ouertani, le médecin, le poète, le journaliste et l’ami de tout le monde. Il a été mis sous la loupe et presque «écorché vif».


A côté de ses paroles de gloire qu’ont chantées Naâma, Zied Gharsa, Lotfi Bouchnak et autres stars de chez nous, on lui a trouvé quelques reproches et quelques «lentes» qui l’ont et nous ont démangés. Mais nul, on le sait, n’est parfait. L’homme, face aux jugements (pour et contre) de Lotfi M’Raihi, Hédi Snoussi, Abderrazak Hammami…, qui le connaissent de très près, s’en est grandement sorti. Ses réponses étaient à la fois sincères et convaincantes. Il a répondu sans complexe et avec le beau sourire. Le Monsieur en connaît des choses. Sur le paysage musical de chez nous qui l’a bercé depuis sa tendre enfance. Il y a participé (et continue à participer) activement. Souvent vu dans nos festivals en train de recevoir des prix et des félicitations pour ses succulentes paroles…Les interventions de l’écrivain Dhafer Néji n’étaient pas sincèrement au niveau de cette émission de haute teneur. Il peut beaucoup mieux faire. Et on est navré pour lui.


-Mardi, 21heures et quelques, l’autre émission de Canal 21, «Droit de réponse» a passé la parole en direct à quelques artistes et critiques de la place. Nous avons notamment vu Walid Tlili, Mokdad Sehili et Naoufel Manaâ. Chaque intervenant a dit librement tout ce qu’il a sur le cœur. De toute façon, il n’y a plus rien à cacher. De ce qui se passe dans le chant, la musique, les coulisses de nos festivals, les couloirs de nos radios et télévision et les salles de rédaction de la presse écrite, on sait tout (ou presque). Et il y a trop de choses à dire. Une bonne partie a été dite dans «Face à face» de vive voix et sans aucun détour. Bien sûr, chacun de son côté, essaie d’envoyer la balle à l’autre camp ou de renvoyer l’ascenseur de l’autre côté. Et la défense est tout à fait légitime. Celui qui a suivi cette émission tranquillement nerveuse, il sort au final avec plein d’informations. Avec un peu de jugeote et après avoir passé tout au tamis, il va avoir certainement un meilleur regard et du bon grain. Après tout c’est son droit de savoir. N’est-il pas le premier concerné. Puisque tout lui revient (et de droit). Grâce à l’argent du contribuable.


Le mot de la fin ne peut qu’être enthousiaste. Car le sillon est creusé. Il y a un premier qui a pris le train et accroché les regards. Les autres, n’ayant plus le choix, finiront forcément par suivre la bonne caravane. Et c’est tant mieux ainsi. C’est avec la bonne critique qu’on construit les miracles et par delà, on se construit…


 


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com