Billet Aux grands maux, les grands remèdes…





Phare du théâtre arabe, le théâtre tunisien a su briller et rayonner grâce à certaines expériences…à cette énergie créatrice qui a permis à quelques créateurs de sortir des stéréotypes et de présenter, contre vents et marées, un vrai théâtre. Des artistes qui n’ont malheureusement pas fait d’émules et qui ont dû mener mille et un combats. Mais à quel prix ? Et que reste-t-il de ce bouquet qui a fait la notoriété de notre théâtre ? Le passé brillant du théâtre tunisien et la créativité et l’innovation qui ponctuent quelques actuelles expériences ne peuvent être que cet arbre qui cache la forêt. Aujourd’hui, les hommes de théâtre tunisien s’associent à tous les artistes dans les quatre coins du monde pour partager quelques précieux moments de reconnaissance. Et cette année la célébration de la Journée Mondiale de théâtre coïncide avec la consultation nationale sur le théâtre qu’on espère que ses recommandations seront appliquées à bref délai et avant que le théâtre nationale sombre de plus en plus dans la crise. La crise n’est pas due uniquement à des problèmes financiers car l’Etat intervient dans la subvention et la distribution des créations depuis 1962. Alors, vous vous dites, où est le problème ? Pour le cas de notre théâtre ce sont des problèmes confus. C’est toujours la même rengaine de l’absence des textes dramatiques et de nouvelles plumes capables d’apporter du sang neuf et des fraîches visions. La majorité des créations ces dernières années continuent à puiser dans le registre des adaptations pour combler le vide. Et ce n’est pas tout. Car cette absence flagrante des textes s’est accompagnée par un manque indéniable des espaces de représentations.


En dehors des scènes privées d’El Hamra, El Teatro, théâtre d’Art Ben Abdallah, l’Etoile du Nord…et qui ont déjà des problèmes d’autofinancement, les espaces publics sont restés fermés devant nos créateurs. Jouer sur la scène du Théâtre de la ville demeure un rêve qui coûte cher même trop cher. Monter sur la scène du 4e art reste également un rêve inaccessible même si cette salle est censée ouverte à tous les créateurs puisqu’elle fait partie du Théâtre National. Cette fermeture ou manque des espaces a créé des artistes nomades qui se cachent ici et là pour répéter et qui usent de tous les moyens possibles, et même à risque, pour donner le jour à des pièces qui parfois et après la troisième représentation entrent dans les archives en l’absence des circuits solides de diffusion et de communication. Quoi dire? Le contenu est un autre problème qui touche le corps du 4ème art. Ça urge donc : la Consultation Nationale sur le théâtre reste l’unique alternative capable d’apporter des vrais remèdes à un secteur qui se noie jour après jour dans le flou.


La célébration de la Journée Mondiale de théâtre est une nouvelle occasion pour mettre sur le tapis les difficultés de cette discipline artistique et pour se rappeler de nos devoirs avant que notre théâtre sorte des rails.


 


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com