Harcèlement…





Les cabales de bas étage contre l’Islam se poursuivent en Europe, au nom d’une prétendue liberté d’expression. Après les caricatures blasphématoires à l’encontre du Prophète Mohamed publiées par un journal danois et qui ont provoqué un vaste mouvement d’indignation dans le monde arabo-musulman, c’est au tour du député Geert Wilders, chef de file de l’extrême-droite néerlandaise de prendre la relève et d’exprimer tous les ressentiments qu’il éprouve à l’égard de la religion musulmane. Il est question cette fois-ci, de «Fitna», un court métrage mis en ligne sur le site d’échange de vidéos «liveleak.com», spécialisé dans les images d’actualité et de guerre, où son «maître d’œuvre» qui fait du sensationnalisme sournois son principal fonds de commerce, accuse le Coran d’incitation  à la violence. Justifiant l’injustifiable et le moralement incorrect et déplacé, Wilders affirme sans vergogne que son film «n’est pas de la provocation, mais la pure vérité et une conclusion politique». Pour lui, «l’Islam est un danger pour la liberté aux Pays-Bas», raison pour laquelle le sieur a jugé bon d’en «avertir la population».


Le brûlot de Geert Wilders qui amalgame de manière éhontée Islam et terrorisme est un nouvel épisode d’un sinistre et long feuilleton où l’islamophobie débridée fait figure de vedette. Il dégage les relents d’une incitation ouverte à la haine raciale et l’intolérance et prône délibérément le clash des cultures et des civilisations.


L’instrumentalisation des tragiques événements du 11 Septembre 2001 à des fins bassement politicardes gagne ainsi en ampleur et se répand comme une traînée de poudre à travers le monde. Bien relayée par une certaine presse partisane, elle investit désormais tous les secteurs, y compris l’art et la culture, où les «illuminés» faussement intellectuels rivalisent à qui mieux mieux pour stigmatiser l’Islam et distiller l’intox. Car la religion musulmane n’a jamais incité à la haine et à la violence.  Tout au contraire, elle prône la tolérance, la justice, la paix et la cohabitation heureuse entre les civilisations et les cultures, les peuples et les nations. Et pour rendre à César ce qui lui revient de droit, les pogroms, les goulags, les génocides et toutes les atrocités qui ont marqué l’histoire tourmentée de l’humanité à travers le temps, n’ont jamais été le fait de l’Islam.


Cette regrettable fuite en avant dans le fallacieux et la désinformation prend en tout cas les allures d’un harcèlement pathétique. Aux dernières nouvelles, une adaptation des «Versets sataniques», œuvre d’un autre «illuminé», Salmane Rushdie en l’occurrence, va être présentée ce dimanche dans un théâtre proche de Berlin. A croire que l’anti-islamisme est devenu la muse inspiratrice de tous les arts.


Certes, la liberté d’expression est un droit inaliénable auquel tout le monde adhère sans réserve. Mais l’offense à ce qu’il y a de sacré est une agression gratuite, surtout s’il s’agit d’une manipulation qui exploite l’ignorance, les préjugés et la peur, comme l’a si bien souligné le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Terry Davis, dans un communiqué publié hier à Strasbourg.


Une chose est sûre en tout cas, il est grand temps que le monde mette un terme à cette mascarade qui n’a que trop duré et de lever l’amalgame qui pèse injustement sur l’Islam afin de rétablir les ponts ébréchés entre l’Orient et l’Occident et remettre bon ordre dans le jardin international.


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com