Moscou à l’OTAN : L’Afghanistan contre l’Ukraine et la Géorgie





La Russie a levé hier un coin du voile sur sa stratégie pour le sommet de l'Otan à Bucarest, auquel Vladimir Poutine doit participer, se disant prête à coopérer avec l'Alliance sur l'Afghanistan si celle-ci stoppe ses projets d'expansion aux frontières russes.


 


Le Quotidien-Agences


"La Russie coopère avec les pays de l'Otan sur le sujet afghan et nous examinons la possibilité d'approfondir cette coopération", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko à l'agence Interfax.


L'Otan est en négociations avec Moscou pour faire transiter par l'espace aérien et le territoire russes des équipements pour les soldats de la force internationale en Afghanistan (Isaf).


Un accord pourrait être conclu à l'occasion du sommet de l'Otan, dont l'Afghanistan sera un des sujets centraux, la coalition internationale peinant à venir à bout des talibans.


Mais "il ne peut y avoir de coopération pleine et entière si on ne prend pas dûment en compte les intérêts légitimes des uns et des autres", a ajouté Grouchko à quelques jours du sommet de l'Otan prévu du 2 au 4 avril à Bucarest.


L'élargissement de l'Otan "ne renforcera ni la sécurité de l'Otan, ni celle des pays qui manifestent leur intention d'y adhérer, ni celle de la Russie", a-t-il affirmé.


Il sera "lourd de conséquences pour la sécurité européenne" et aura "un impact négatif sur les relations entre la Russie et l'Otan, y compris sur leur coopération", a mis en garde Grouchko.


La Russie vit mal l'expansion de l'Otan à ses frontières, commencée dans les Etats baltes et qui pourrait s'étendre désormais à l'Ukraine et à la Géorgie, ces deux pays ayant demandé à rejoindre, dès le sommet de Bucarest, le Plan d'action en vue de l'adhésion (MAP), dernière étape avant l'admission.


Si une partie des pays de l'Otan, dont la France et l'Allemagne, s'opposent à leur admission immédiate au MAP, d'autres comme les anciens pays communistes d'Europe centrale sont favorables et les pressions dans un sens et l'autre devraient se poursuivre jusqu'au bout.


Au même moment, le ton s'est nettement apaisé entre Washington et Moscou après les tensions de ces derniers mois, signe que des compromis pourraient être trouvés au sommet de Bucarest.


La Russie n'a aucune intention de marchander un accord sur l'Afghanistan contre un "niet" à l'Ukraine et à la Géorgie sur le MAP, a toutefois assuré Grouchko. "Il n'y a pas et ne peut y avoir de marchandage", a-t-il dit.


Le chef de la diplomatie géorgienne David Bakradzé a dénoncé par avance "tout mécanisme artificiel qui serait inventé spécialement pour l'Ukraine et la Géorgie et serait entre le Dialogue intensifié où nous sommes aujourd'hui et le MAP où nous voulons aller".


En Afghanistan, les besoins logistiques sont grands pour la coalition internationale. Des responsables de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) demandent en outre 6.000 à 10.000 soldats de plus pour lutter contre l'insurrection des talibans.

L'Otan souhaite acheminer ses équipements par voie terrestre via la Russie.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com