A l’espace « Zinet » : La peinture en toutes pièces





Bien qu’ils possèdent au départ deux styles picturaux différents, Sadok Lahmar et sa fille Fédia Lahmar-Jémai ont uni leurs talents pour exposer à l’espace « Zinet », sis à la cité Ennasr, 25 toiles d’une haute facture picturale. Leur exposition est une invitation à découvrir aussi plusieurs techniques  parfois complexes.


 


La peinture de ces deux artistes éblouit le visiteur à plus d’un titre. En effet, l’exposition, concoctée par le père et sa fille, incite à poser d’innombrables questions sur certains tableaux. C’est que, dans un premier temps, Fédia Lahmar-Jemai utilise dans ses œuvres deux techniques ; celle de l’huile sur toile, puis de l’huile sur du carton dans  une dizaine d’œuvres. Passionné qu’il est des pièces automobiles et des objets de récupération d’une façon générale, Sadok Lahmar, lui, a opté à travers une bonne partie de ses tableaux pour la technique du collage sur du support marouflé en plus de la sculpture sur bois. Son amour pour les pièces automobiles dénote surtout d’une réelle  connaissance du secteur des pièces mécaniques dans lequel il a exercé pendant des années en France. Raison pour laquelle, d’ailleurs, le moindre objet mécanique inspire au premier coup d’œil l’artiste et l’oriente vers la création d’une forme. Mais à contempler de très près aussi les œuvres de Fédia Lahmar, on est surtout fasciné par la particularité des couleurs utilisées. Elle a donné une priorité surtout aux couleurs contrastées qui animent, selon elle, le fond de ses œuvres.


Les thèmes choisis font partie de toute une démarche au cours de laquelle l’artiste met un accent particulier sur la récupération des couleurs diluées, c’est-à-dire des coulures. Ensuite et conformément à la nature de la coulure, elle choisit et fixe de façon claire et définitive la forme et le thème qu’elle désire traiter. Grâce à cette technique de récupération assez spéciale des coulures, la peintre joint la démarche de son père, le récupérateur des pièces mécaniques de toutes sortes. Cette jonction de styles et des démarches a donné lieu à une exposition harmonieuse où les deux peintres ont pu traiter de nombreux thèmes  de façon assez ingénieuse. « Inconciliables », « Nature rêche », « Symphonie », « Les années folles », « Monté-Carlo », « Harmonie », sont autant de titres choisis par les deux peintres et qui dénotent aussi de la diversité des thèmes visités dans cette exposition.


Toutefois, avec « La vue en rose », un des tableaux proposés par Fédia Lahmar, à l’exposition annuelle de l’Union des Artistes Plasticiens et qui n’a pas été retenu par le jury, l’artiste entend  prendre sa revanche sur cette dite union en exposant cette toile qui, selon elle, reste très appréciée, mais qui n’a pas été malheureusement retenue. Pour la peintre, ce tableau veut montrer qu’il existe une autre façon de voir la vie et le quotidien des hommes. Outre ce qui se passe en Irak et en Palestine et dans le reste du monde, la peintre invite, à  travers cette toile, à voir et contempler  de façon  optimiste le monde et son avenir malgré les aléas de la vie.


   


Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com