M. Béchir Boujdai, président de la Fédération Nationale de la Mécanique : «La qualité, c’est une mentalité et une culture»





Rencontré en marge de la première journée de la semaine nationale de la qualité, M. Béchir Boujdai explique au «Quotidien» les raisons de l’adhésion peu satisfaisante des entreprises tunisiennes aux différents programmes d’amélioration de la qualité. Interview


 


Le Quotidien : Certains pensent que le consommateur tunisien n’a pas encore confiance en la qualité des produits made in Tunisia. Pourquoi ?


M. Béchir Boujdai : Non, je ne pense pas que le consommateur tunisien a perdu confiance en la qualité du produit tunisien, ou qu’il n’a pas confiance en ce produit. C’est plutôt une question de mentalité.


Aujourd’hui, nombre de Tunisiens, en voyage dans certains pays européens, achètent des produits. De retour au pays, ils s’aperçoivent qu’il s’agit de produits fabriqués en Tunisie.


C’est dire que le produit tunisien a connu une évolution remarquable en matière de qualité, au point qu’il s’impose aujourd’hui sur des marchés où la concurrence des produits asiatiques bat son plein.


C’est vrai que certains consommateurs tunisiens préfèrent encore le produit importé que d’acheter un produit fabriqué localement, mais cela ne doit pas mettre en cause la qualité de ce dernier qui demeure de très bonne qualité, comme en témoignent même les consommateurs étrangers.


 


Comment expliquer le nombre peu satisfaisant des entreprises tunisiennes adhérant au programme national de la qualité ?


Comme je vous ai dit, c’est une question de mentalité même pour les chefs d’entreprises. A vrai dire, certains chefs d’entreprises préfèrent lancer leurs propres démarches qualité plutôt que d’adhérer à tel ou tel programme. C’est peut-être dû, aussi, à une faible rentabilité de la certification pour les entreprises tunisiennes en particulier au niveau du marché local.


Je crois, également, que les programmes nationaux mis en place pour aider les entreprises à améliorer la qualité de leurs produits, apportent certaines mesures d’encouragement notamment sur le plan financier, mais parfois ces mesures ne sont pas appliquées.


Ces programmes ne prennent pas en compte, par ailleurs, l’audit de surveillance, et cela peut être un des facteurs qui n’encouragent pas les chefs d’entreprises à y adhérer.


 


Peut-on comprendre que vous n’êtes pas satisfait de ces programmes ?


Bien au contraire. Les programmes nationaux mis en place ont eu un impact inévitable et remarquable au niveau de l’amélioration de la qualité du produit tunisien. D’ailleurs, l’UTICA et aussi la Fédération Nationale de la Mécanique ne cessent d’inviter les entreprises tunisiennes à adhérer à ces différents programmes.


Je crois, toutefois, qu’il faut penser à enrichir ces programmes à travers la mise en place d’autres nouveaux outils d’encouragement pour les entreprises tunisiennes.


Cela dit, les entreprises tunisiennes doivent savoir que l’amélioration de la qualité est une culture et aussi une obligation en particulier dans la conjoncture actuelle marquée par une concurrence de plus en plus accrue à l’échelle internationale.


 


Propos recueillis par


Mohamed ZGHAL




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com