A qui profite le chaos ?





Une semaine de combats acharnés, plus de trois cents morts : Tel est le bilan du conflit qui a opposé l’armée du Premier ministre irakien Maliki aux milices de Moqtada Sadr. Un bilan sanglant qui dévoile l’étendue du drame irakien.


Comment a-t-on pu en arriver là ? On savait qu’il y avait en Irak une insurrection antiaméricaine. On savait hélas aussi qu’il y avait un conflit interconfessionnel, mais on ne savait pas que même entre chiites on pouvait se haïr à ce point.


Pourquoi tant de haine ? La question se pose avec d’autant plus d’insistance que ni Maliki ni Sadr ne peuvent se targuer d’avoir gagné quoi que ce soit à travers ce conflit. Sauf bien sûr d’avoir précipité encore  plus l’Irak dans l’abîme du chaos et de l’incertitude.


Au contraire, le face-à-face entre Nouri al-Maliki et le jeune chef religieux a montré leurs faiblesses respectives. Maliki a mis en jeu sa crédibilité en prenant la direction des opérations, et il sort de cette entreprise en donnant l'impression d'une mission inachevée. Cela même s’il n'a pas vraiment à se soucier d'une perte de popularité dans la mesure où il n'a jamais été véritablement aimé par les Irakiens, n’ayant pas réussi à sortir le pays du chaos. On peut même penser le contraire.


Même constat pour Moqtada Sadr qui, même s’il a réussi une démonstration de force, a dû finalement rappeler à l'ordre ses partisans face au coût humain croissant, propre à entamer ce dont il est le plus jaloux, sa popularité parmi les masses chiites.


En fait tout le monde est perdant dans cette affaire, sauf, bien sûr, les Américains qui trouvent là une occasion en or pour justifier le maintient de leurs troupes en Irak.


L’administration américaine qui n’arrive plus à trouver de raisons valables pour implanter ses « boys » en Irak peut, en effet, jouer sur cette guerre fratricide pour convaincre son opinion publique et la communauté internationale de la nécessité de poursuivre l’occupation de l’Irak, cette dernière étant devenue de ce point de vue la seule alternative pour que le pays ne sombre pas dans une guerre civile.


Il est bien sûr clair que tout ce qui se passe en Irak est évidemment  dû à cette occupation elle-même. Même dans les pires moments de son existence, jamais l’Irak n’a connu une periode aussi sombre qu’à l’heure actuelle.


Et c’est précisément pour cela qu’il est impératif que les Irakiens  s’unissent, au lieu de s’entretuer. C’est la seule alternative qui leur est offerte pour en finir avec l’occupation américaine qui ronge chaque jour encore plus leur pays.


 


M.A.B.R.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com