Le tourisme, catalyseur de vertus morales





Pour situer dans l’histoire la condition de l’existence humaine et expliciter la nature des relations sociales qui régissaient les rapports interindividuels d’antan, il convient de s’arrêter sur une réflexion de Hobs, philosophe anglais du 16e siècle qui justifiait à cette époque où la civilisation était restreinte que «l’homme est un loup pour l’homme». Si bizarre soit-elle, cette pensée a trouvé dans la barbarie des vieilles guerres et des invasions au cours de l’histoire sa réelle justification. Ce fléau de la condition humaine a été exacerbé par l’ignorance, la xénophobie et la violence que les plus vieilles populations du monde opposaient les unes aux autres. Il a fallu qu’au début du 19e siècle, période durant laquelle la propagation de la culture classique et plus tard encore, l’exploration du monde et le rapprochement des peuples, pour que les tensions et les luttes soient réduites. Aussitôt le tourisme naissant a pris la relève devenant l’un des facteurs les plus probants dans la tolérance ethnique, contestant ainsi par son ouverture, par le respect des composantes morales et la reconnaissance de la culture d’autrui la conception de Hobs devenue injustifiée et révolue. De plus, devenu art de vie et principal facteur de divertissement, le tourisme est de plus en plus porté sur le respect du patrimoine culturel de l’humanité. Ainsi, les fréquents déplacements de vacances contribuent au tourisme de citoyenneté dans une intégration harmonieuse et conviviale avec les citoyens des pays d’accueil.
En Tunisie, la morale des citoyens issue d’un long brassage ethnique de multiples civilisations a permis une facile intégration des touristes à la population. C’est à travers cette acceptation viscérale et psychologique des visiteurs et la qualité de l’accueil et des services que le tourisme national retrouve de nos jours ses lettres de noblesse. Cette moralité a même engendré d’une façon inattendue chez quelques ressortissants étrangers l’apparition d’une culture tuniso-maghrébine dont l’induction dans les mœurs a davantage enrichi les vertus humaines de ceux-ci. Cette constatation réconforte le mérite du tourisme tunisien d’avoir réussi à propager dans les pays amis les caractéristiques culturelles de la Tunisie profonde.
En outre, le tourisme culturel, urbain, écologique, de santé et de coopération exerce sur les bénéficiaires de ces divers  produits un intrinsèque effet de stimulation et de bien-être aboutissant à une renaissance totale de l’être humain dans une harmonie entre le corps, l’esprit et les différentes sensations de plaisirs. C’est de cette façon que le tourisme demeure l’une des plus hautes valeurs dans l’amélioration de la qualité de vie.
En dehors de cela, la suprématie idéologique du tourisme est manifeste puisqu’il ressort par ailleurs encore que si les relations économiques et commerciales ne rapprochent les nations qu’à travers les intérêts matériels réciproques, le tourisme quant à lui, dénué d’aliénation conventionnelles d’ordre économique, reste la meilleure alternative pour que l’amitié transcende la xénophobie, que le respect exclue le dédain et l’indifférence, que la tolérance repousse le despotisme et la violence et que finalement la paix l’emporte sur l’instinct de l’extermination raciale. C’est dans ces nobles valeurs que la philosophie du tourisme s’inscrit et culmine à travers ces grands principes de la civilisation humaine réfléchie.
D’autre part et sur le plan du comportement, si la population tunisienne est réputée d’essence démocratique, émancipée et tolérante, en revanche certains comportements de touristes occidentaux ne respectent pas par des agissements d’excessive liberté la mentalité locale, ces libertés en couples dans les lieux publics, sur les plages risquent de porter atteinte aux vertus morales, à la pudeur et à la sensibilité religieuse des citoyens. Pour respecter cette éthique, un code d’obligation morale doit être observé par  ces vacanciers.
Cette régulation morale doit être mise à exécution en retour et en reconnaissance, eu égard du climat de respect, de sécurité et de quiétude dont la quasi totalité des étrangers bénéficient sur le sol tunisien.

Rejeb DHAOUI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com