Statu quo…





Régulièrement critiqué par ses protecteurs américains pour son laxisme et son incapacité à juguler la violence qui embrase le pays, le Premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, semble décidé depuis quelque temps à reprendre l’initiative. La récente offensive, qu’il a lancée contre la puissante milice chiîte de l’Armée du Mahdi, lui a permis de redorer un tantinet son blason terni et de marquer des points. Quand bien même l’imam radical chiîte, Moqtada Sadr, aurait appelé ses ouailles à arrêter les combats et à évacuer les rues, à dessein de calmer le jeu, Nouri Al Maliki ne peut se prévaloir d’avoir eu gain de cause et le dernier mot dans ce bras de fer musclé et meurtrier qui a fait quelque 700 morts et 1500 blessés, selon le dernier bilan établi par les Nations-Unies. La raison en est que cette offensive déclenchée et supervisée par le Premier ministre irakien en personne n’a pas permis de mettre au pas ni de désarmer l’Armée du Mahdi qui dispose d’un effectif de plus de 60.000 hommes.


Maliki  qui propose aujourd’hui aux Sadristes l’amnistie en échange de la remise de leurs armes n’est point au bout de ses peines, tant il est vrai que la situation reste explosive et pourrait dégénérer à tout moment. Une situation très volatile en fait et incertaine qui a tendance à se compliquer davantage surtout qu’on annonce la désertion d’un millier de soldats de l’armée gouvernementale qui n’a pas réussi jusque-là, malgré les fausses  apparences, à prendre en main la sécurité dans une ville comme Bassorah. La manifestation antiaméricaine prévue, mercredi prochain, à l’appel de Moqtada Sadr, démontre à bien des égards, que la rébellion n’est pas prête à en démordre.


Celle-ci semble amorcer un repli stratégique pour calmer le jeu avant de repartir de plus belle à l’offensive.Un nouveau départ à connotation fédératrice pouvant déboucher sur un mouvement de résistance populaire associant toutes les ethnies irakiennes. Moqtada Sadr a pris soin à cet effet d’appeler «tous les Irakiens sunnites, chiîtes, kurdes et arabes» à participer en masse au rassemblement du 9 avril prochain pour exprimer «leur rejet de l’occupation et la tyrannie américaines». «Portez le drapeau irakien, symbole de l’unité de l’Irak, n’oubliez pas que cette manifestation sera à la gloire de l’Islam», a-t-il précisé dans le communiqué distribué dans la ville sainte chiîte de Najaf.


Fin tribun et harrangueur de foules, Sadr joue à l’évidence sur les sentiments nationalistes et patriotiques de ses compatriotes. Sa nouvelle stratégie qui consacre une résistance dans l’unité est annonciatrice de jours difficiles aussi bien pour l’occupation que pour le gouvernement Maliki, qui est loin de toute façon de faire l’unanimité aussi bien en Irak qu’à l’étranger.


 


Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com