Irak : Maliki lâche du lest





Le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki a ordonné hier la fin des opérations des forces de sécurité dans le pays pour donner une chance à ceux qui veulent déposer les armes, après des combats avec la milice chiîte de Moqtada Sadr.


 


Le Quotidien - Agences


"Pour donner une chance à ceux qui regrettent ou veulent déposer les armes",  Maliki a ordonné "de cesser toutes les opérations dans toutes les zones", indique un communiqué du bureau du Premier ministre.


Il a demandé que "la sécurité de ceux qui ont déposé les armes après les récents affrontements soit garantie (...)", selon ce communiqué.


Le Premier ministre avait lancé le 25 mars dans le grand port pétrolier de Bassorah (sud) une opération contre l'Armée du Mahdi, la milice du chef radical Moqtada Sadr.


Les combats s'étaient étendus à plusieurs villes du sud chiîte du pays ainsi que dans les principaux quartiers chiîtes de Bagdad, faisant au moins 461 tués selon un bilan officiel.


Les affrontements ont cessé après que Moqtada Sadr eut ordonné le 30 mars à ses hommes de se retirer des rues. Des accrochages et affrontements sporadiques se poursuivent néanmoins entre les belligérants.


Avant-hier, Maliki s'était dit prêt à lancer de nouveaux "assauts" contre les miliciens chiîtes de Moqtada Sadr.


Dans son communiqué d’hier, le Premier ministre a également ordonné que "les familles ayant fui leur domicile puissent rentrer chez elles dans toutes les provinces", et que des dédommagements soient payés "aux familles des martyrs", civils et membres des forces de sécurité irakiennes.


Il a enfin demandé que "les personnes dont des biens ont été détruits reçoivent des dédommagements", et que soient mis en œuvre des projets de réhabilitation des infrastructures dans les zones urbaines touchées par les combats.


Par ailleurs, au moins 20 personnes ont été tuées dans une attaque suicide mené lors de funérailles d'un policier dans la province de Diyala, au nord-est de Bagdad, selon un bilan obtenu de source militaire locale.


Un kamikaze a déclenché la veste d'explosifs qu'il portait, a indiqué le général Abdel Karim Roubaï, chef des opérations de l'armée irakienne pour la province de Diyala.


Au moins 20 personnes ont été tuées et plusieurs blessées, selon le général Roubaï.


L'attaque a eu lieu près du cimetière de la localité d'Al-Saidiyah, à 60 km au nord-est de la capitale provinciale Baqouba.


La province de Diyala est l'une des plus dangereuses d'Irak et un bastion de la branche irakienne d'Al-Qaïda. Les insurgés continuent d'y lancer des attaques en dépit d'opérations massives des forces américaines et irakiennes.


Enfin, un pilote américain a été tué avant-hier soir dans la capitale irakienne de Bagdad lors d'une attaque à la bombe contre son véhicule, a déclaré hier l'armée américaine dans un communiqué. 


Un engin explosif de fabrication  artisanale a explosé au  passage d'une patrouille de la Division multinationale dans le  centre-ville de Bagdad, précise le communiqué. 


Cette attaque est survenue, alors que les violences ont apaisé  dans plusieurs villes irakiennes après les affrontements violents  entre la milice de Moqtada Sadr et les forces de sécurité  irakiennes, appuyées par les Etats-Unis.


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Washington poursuivra le retrait de ses troupes d’Irak


 


Un haut responsable militaire américain a déclaré que la nouvelle vague de violences n'empêcherait pas le gouvernement américain de retirer ses troupes d'Irak d'ici juillet.


Mike Mullen, chef d'état-major interarmées, a déclaré lors d'une conférence de presse au Pentagone que les récentes violences à Bagdad et à Bassorah n'entraveraient pas le plan de retirer 5 brigades de combat.


Le Pentagone stoppera pourtant le retrait des troupes américaines pour évaluer la situation de sécurité après la fin du mois de juillet. Mullen a fait l'éloge des opérations menées par les forces de sécurité irakiennes contre les milices à Bassorah.


Le chef d'état-major interarmées américain a pourtant estimé qu'il était trop tôt pour dire qui avait gagné ou perdu lors des récents combats entre forces gouvernementales irakiennes et miliciens du chef radical chiîte Moqtada Sadr à Bassorah (Sud).


L'amiral Mullen s'est félicité de l'initiative du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki de lancer une opération militaire contre les miliciens chiîtes. "J'approuve la volonté stratégique du Premier ministre" irakien, a-t-il déclaré dans une conférence de presse. "Nous attendions ce moment, lorsque les forces de sécurité irakiennes prendraient en fait l'initiative et se montreraient agressives pour protéger leur propre sécurité", a-t-il ajouté.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com