«Doc à Tunis 2008» – Zoom sur Wael Noureddine (Liban) : Corps à corps avec la mort





Au cœur du quotidien de son cher Liban, le jeune réalisateur Wael Noureddine s’est plongé corps et âme.


Le résultat : un bouquet de documentaires très émouvants qui racontent le Liban autrement et fraîchement. Dans «July trip», ce cinéaste décrit à sa façon les événements qui ont secoué sa terre natale. Juillet 2006 restera vivace dans les mémoires de tous les Libanais sans exception.


 


Journaliste, poète et cinéaste, Wael Noureddine a tenté toutes les pistes en quête d’une expression libre. Agé d’à peine trente printemps, ce Libanais a déjà à son compte quatre documentaires et un tas de projets en cours. Et c’est toujours d’un Liban qui fait de la résistance contre vents et marées qu’il a tiré ses histoires. Des histoires où l’amertume s’entrelace avec la poésie. Après «Chez nous à Beyrouth», «Ça sera beau» et «From Beyrouth with love», «July trip» est né dans l’urgence pour raconter le juillet affreux qu’a vécu le Liban. «Quand l’armée israélienne a commencé à bombarder Beyrouth, j'étais loin à Paris où je menais plusieurs expériences entre poésie, journalisme et cinéma. Je n’avais qu’une seule envie : m’envoler vers mon Liban, le plus vite possible pour tourner un film. Devoir de mémoire oblige! C’était pour moi indispensable d’écrire l’histoire et de relater de ces événements pour constituer une banque d’images réelles qui permettront au monde entier de découvrir les ravages psychologiques et les dégâts matériels de cette guerre injuste. J’ai voulu contribuer à ma façon à l’enrichissement de la cinémathèque surtout en ce qui concerne les films qui traitent de cette guerre et même de cette époque et des conflits au Proche-Orient. Prendre des images et faire un film est une grande responsabilité, à plusieurs enjeux», nous a souligné Wael Noureddine qui découvre pour la première fois les couleurs de «Doc à Tunis» et non pas la Tunisie. Membre du jury de la précédente édition du festival des cinéastes amateurs à Kélibia, il est revenu en tant que cinéaste avec «July trip». Dans ce documentaire, le cinéaste a choisi d’essayer deux techniques, le 16mm et HDV, pour filmer un Liban en état d’urgence… pour raconter la mort dans tous ses états et facettes. La caméra tourne, court ici et là d’une cité à une autre, suit des journalistes internationaux dans leurs camps et des citoyens, filme les ruines des maisons, les flammes, les murs, les rideaux, Wael Noureddine a fait de son «July trip», un vrai chef-d’œuvre. Un documentaire où on est face à face avec la mort. Confrontation obligée pour pouvoir continuer à vivre. Et pour ce cinéaste, le cinéma est sa vie. «Le journalisme et la poésie me donnent des espaces de liberté, mais seul le cinéma me libère», nous a confié Wael Noureddine qui s’apprête à retourner au Yémen pour poursuivre le tournage de son nouveau documentaire sur Houbal, le dieu de la Mecque, durant la période préislamique.


 


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com