Une complicité macabre…





La tension a, de nouveau, atteint son paroxysme hier au Proche-Orient, à la faveur des violents échanges de tirs près d’un point de passage entre l’Etat hébreu et la Bande de Gaza, qui ont entraîné la mort de nombreux Israéliens et Palestiniens.


Les événements prennent ainsi une tournure encore plus dramatique et la situation, qui n’incite pas du tout à l’optimisme, peut d’ailleurs dégénérer à tout moment. Sans verser dans un alarmisme pédant, les pires  scénarios sont désormais envisageables. Le Hamas, qui a menacé, mardi, de prendre d’assaut les points de passage de la Bande de Gaza si Israël ne levait pas le blocus de ce territoire, est vraisemblablement déterminé à aller  jusqu’au bout de ses intentions. Cette menace, fort attendue et compréhensible du reste, est une véritable lutte pour la survie. Assiégés depuis des mois, ghettoïsés depuis des années, affamés et saignés à blanc par les incursions barbares de l’armée israélienne, aussi meurtrières que fréquentes, les Gazaouis semblent décidés à tenter le tout pour le tout pour briser le joug de cet étau israélien infernal. Il faut dire que l’apathie de la communauté internationale, le laxisme du Quartette et la démission caractérisée des pays arabes, ne sont pas pour arranger les choses, loin s’en faut. Dans ces conditions inhumaines et intenables pour des populations palestiniennes, livrées sans ménagement à leur triste sort, il ne faut pas s’étonner outre mesure si les prochains jours soient porteurs de nouveaux bains de sang.


Déterminé à laminer le mouvement islamiste et, par ricochet, toute velléité de résistance palestinienne, Israël ne manquera pas de saisir au vol le prétexte de la prise d’assaut par le Hamas de ces points de passage, pour laisser libre cours à sa folie meurtrière, au nom de la lutte contre le «terrorisme». Et, bien évidemment, l’Etat hébreu trouvera , comme à l’accoutumée, toute la compassion et la compréhension nécessaires justifiant ses méfaits qu’on aura vite classés dans le rayon de la «légitime défense».


Le silence abject des uns et des autres sur ce qui se passe dans les Territoires est, en fait, ni plus ni moins qu’une complicité macabre dans un génocide atroce et impitoyable. La vilenie et l’indifférence ont fini par clouer au pilori les valeurs universelles de justice et d’assistance à peuple en danger. Le nouvel ordre mondial, régi par la loi de la jungle et de la partialité outrancière, fait peu de cas, de toutes façons, à la dèche humaine et à la souffrance des opprimés.


Le plus pathétique dans cette tragédie, c’est que les grands continuent de palabrer dans l’antichambre de cette épuration ethnique à l’israélienne, pour faire le «suivi des négociations sur le processus de paix».


Une paix, bien hypothétique en fait, quand l’occupant israélien continue à faire la sourde oreille aux aspirations légitimes du peuple palestinien en réclamant, encore et toujours, le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière, sans rien donner en contre-partie...


 


Chokri BACCOUCHE 




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com