Hend Zouari : «Envol» à la princesse





Hend Zouari a grandi. Bien grandi dans sa Tunisie natale et s’est épanouie à plaisir du côté de l’Ile de France. Son premier album, «Envol» qui sortira dans quelques jours est le reflet de son talent.


Une petite merveille de tous les sons qui va certainement faire couler beaucoup d’encre et de salive dans nos murs comme à l’Hexagone… et ailleurs. D’après les échos qui nous parviennent de Paris. 


 


Nous félicitons, tout d’abord Mademoiselle. Qui n’est pas venue par hasard au monde de la musique. La jeune Tunisienne que les Parisiens ont connue depuis son arrivée en France en 2004 lui ont collé un joli et précieux nom qui lui va comme un gant en satin: «La Princesse du qanun».


Et ils ont parfaitement raison. Car, dans son art perlé, et toujours d’après les retombées de la presse régionale et nationale de Paris, elle a toute la noblesse et l’aura d’une princesse.


Premier prix du Conservatoire de Tunis, Hend Zouari continue avec entrain et bonheur son DEA de musicologie à la Sorbonne de la ville des lumières. Dans ses heures creuses et de création, elle puise dans le savoir de ses aînés qui ont marqué l’âge d’or de son Orient d’origine. Et pas seulement. Car l’enfant de chez nous, forte aussi (et surtout) de ses arpèges et de sa voix cristalline s’inspire, invente et réinvente. Jusqu’à envoûter les airs et colorer intensément et à sa manière les tons de sa passion. C’est une «invitation au voyage, et son jeu de qanun, tantôt moderne, tantôt classique, mais toujours harmonieux, développe tout le charme des sonorités de l’Orient…», lit-on sur la note de presse.


«La princesse du qanun» s’est produite à plusieurs reprises sur scène. Nous pensons ici à celle de l’Institut du Monde Arabe (IMA), Maison des Cultures du Monde (MCM) et dans le cadre de l’Unesco et autre Cabaret Sauvage. Et pas seulement à Paris. Car elle s’est fait des fans ailleurs. Un peu partout. Des tournées et des concerts donnés notamment en Belgique, en Italie, en Espagne et au Liban. 


Elle a finalement réussi à se faire un nom. Surtout après avoir été remarquée et encadrée par Jacques Panis (qui sera plus tard son nouvel agent) et le «redoutable» Vincent Magni, réalisateur et ingénieur de sons. De leur rencontre est né un projet. Des projets…ont vu (ou en train de voir) le jour. Avec une foule de musiciens de divers horizons, on parle d’une douzaine de titres dont elle a écrit les paroles et monté les variations d’au moins les deux tiers.     


Pour revenir au sujet du jour, il y a de quoi être fier de la voix et la plume de notre Hend nationale qui, dans ce premier album qui promet les envolées de la créativité, a réuni autour d’elle les meilleurs.


Résonneront dans son «Envol» à partir du clavier de son qanun, le nay de l’Iranien Javid Yahyazadeh et le daf de son frère Ahmad (deux petits dieux persans dans la Maison du Daf de Paris), les Tunisiens, Zied Zouari au violon, Maher Malki, un luthiste prometteur qui nous rappelle un brin Nacir Chemma de l’Irak. On a eu l’occasion de découvrir ces derniers lors de leurs premiers pas dans le sillon des étoiles. C’était dans Jeunes Virtuoses, un festival organisé chaque année à Ennejma Ezzahra de Sidi Bou Saïd par le musicologue et luthiste Mourad Sakli qu’on salue en passant pour tout ce qu’il est en train de faire pour les jeunes musiciens .


Sur ce beau fond de matelas sonore sont surpiquées d’autres notes. Il y aura de l’art jubilatoire avec la guitare flamenca de Manuel Delgado et  la basse aux couleurs andalouses de Rafaël  Leroy. Le tout sera clairsemé entre autres de chant de l’Espagne profonde. On pense ici à l’étoile filante Carmen Garcia.


Sur la bande sonore de l’album, on remarquera aussi quelques paroles succulentes du poète Oussama Khalil, directeur de l’espace Scribe l’Harmattan, Paris. Comme on remarquera la présence de Pauline Paris (un talent qui vole la vedette à tous et toutes de la chanson française contemporaine) dans des versions mélodieuses qui ornent le succès de «Parlez-moi d’amour». Les fidèles d’El teatro  ont applaudi il n’y a pas très longtemps cette artiste de toute beauté qui a volé très haut et encore une fois dans le ciel de Tunis. Bien sûr, Hend n’a pas oublié de rendre hommage au maître, Hédi Jouini. «La nuit sous le jasmin» parfumera à souhait les airs et les solfèges de ce nouvel album qui annonce des couleurs variées. Un album   enrobé d’inspirations et truffé d’art frais et croustillant. D’après une lettre de Paris.


 


Zohra ABID    




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com